18 novembre 2018

« Chien-loup » de Serge Joncour

« Si par chance un jour il n'y avait plus de guerre, en supposant de faire cet énorme effort d'imagination, des loups il en faudrait toujours, quitte à en réinventer ou à les faire revenir, car l'homme porte en lui le besoin de se savoir des ennemis et d'identifier ses peurs, ne serait-ce que pour fédérer les troupes ». Le nouveau roman de Serge Joncour nous plonge dans un même et unique endroit (fictif) : le mont d’Orcières dans le Lot mais avec alternance de deux époques : 1914 et 2017. Le roman s’ouvre sur... [Lire la suite]
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17 novembre 2018

« Au grand lavoir » de Sophie Daull

« Chacun son bocal. Moi j’entretiens le formol à faire durer les morts ». Le hasard a voulu que je termine ce livre à la gare du Mans où mon TGV effectuait un arrêt. Le Mans est à environ soixante kilomètres de Nogent-le-Rotrou où se déroule en grande partie l’histoire. Dans son deuxième roman, La suture, Sophie Daull évoquait le passé de sa mère, femme plutôt discrète et mystérieuse, sans pour autant déballer de façon impudique et voyeuriste son assassinat. Cependant, « la croûte gratte, la plaie reparle. Quelque... [Lire la suite]
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13 novembre 2018

« Des mirages plein les poches » de Gilles Marchand

« C'était un petit bateau, pas grand-chose en apparence, mais le bout d'un rêve, c'est forcément un grand quelque chose ». Après avoir dévidé le fil des nouvelles du recueil de Gilles Marchand, j’ai eu bien du mal à rembobiner l’ensemble. Le fil s’était distendu, avait subi des accros, s’était emmêlé sans que je m’en rende compte. J’ai beau avoir lu quelques nouvelles de l’auteur et ses romans, je crois que c’est vraiment la première fois que je mesure à quel point il a le sens de la tragédie et de la mélancolie.... [Lire la suite]
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09 novembre 2018

« Idiotie » de Pierre Guyotat

« Les poux sautent sur les poils des narines, sur le petit duvet entre elles et le retroussis des lèvres grosses fraîches qui tremblent d’un cauchemar où il faut parler, trouver les mots qui sauvent devant le monstre. Plus bas, les fesses se recambrent dans un ronronnement, sous le haillon je vois qu’un short court aux plis rougis par le halo du bateau qui s’immobilise les moule, troué jusque le devant, dans l’évasement des cuisses, une braguette d’où pend un bouton ; la jointure braguette ourlet de jambe est déchirée, du... [Lire la suite]
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31 octobre 2018

« Helena » de Jérémy Fel

« Un miroir était accroché au mur. Dans son reflet, il vit ce visage encerclé d'ombre, pâle et logicien, un visage qui n'était pas le sien. Et quand, de stupeur, il ouvrit la bouche, scintillèrent en rafale ses dents acérées. Et, dans son regard perfide, s'embrasa le doux éclat du désir de tuer ». « Je ne sais pas où se trouve la Contrée du Kansas et je n'en ai même jamais entendu parler. Dites-moi, est-ce un pays civilisé ? » (Le Magicien d'Oz) Je n’aime pas les thrillers. Je n’aime pas les ambiances américaines en... [Lire la suite]
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30 octobre 2018

« Sujet inconnu » de Loulou Robert

    « Ma main prend le stylo. L’encre noire. Les mots qui coulent. Quels mots ? Plus tard. Je saurai plus tard. Souvenirs de ces quatre lignes sur l’homme passé. Lucien, le sans-abri et tant d’autres. Tant d’autres choses à dire. Quoi ? Je ne sais pas. Je saurai plus tard. J’ai des ressources. Conscient. Inconscient. En marche. Qui contrôle ? Je tiens le stylo. Toute la vie qui jaillit. Je me préparais. On y est. J’ai le temps. Du temps… Cette fois, oui. Le temps est mon ami ». Elle ne se nomme... [Lire la suite]
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26 octobre 2018

« La blessure » de Jean-Baptiste Naudet

« En Algérie, c’est pire. Le jardin d’Éden kabyle se révèle être un bourbier sanglant. Des charognes qui hantent leurs nuits. Cadavres oscènes et grimaçants troués de balles, dégoulinants de sang et de cervelle blanchâtre. Corps aux yeux crevés, aux couilles coupées. Le « paradis kabyle » promis est un enfer. Dans cette ambiance « virile », dans ce si joli bourbier, personne n’ose le dire mais tous ont la trouille d’y passer. Les horreurs laissent dans leurs têtes des blessures invisibles. Parfois ceux qui... [Lire la suite]
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23 octobre 2018

« Tous les hommes désirent naturellement savoir » de Nina Bouraoui

« Je me demande parmi la foule qui vient de tomber amoureux, qui vient de se faire quitter, qui est parti sans un mot, qui est heureux, malheureux, qui a peut ou avance confiant, qui attend un avenir plus clair. Paris s’ouvre à moi, je traverse la Seine, je marche avec les hommes et les femmes anonymes et pourtant ils sont mes miroirs. Nous formons un seul cœur, une seule cellule. Nous sommes vivants ». « Devenir » une femme qui aime les femmes dans le Paris des années 80 où règne la drogue et émerge le Sida. ... [Lire la suite]
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22 octobre 2018

« Tu t’appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider

« Comme tant d’autres de ta génération, tu as rejoint la cohorte des vedettes déchues, flétries par les abus, rejetées par une époque où les rebelles n’ont plus de place. Tu n’es plus la célébrité de mon enfance, celle que l’on reconnaît dans la rue et que l’on regarde en frissonnant de terreur, d’excitation et d’envie. Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. Un bijou de famille cassé et précieux, gardé au fond d’un tiroir secret ». Maria Schneider est morte en 2011. Pour lui... [Lire la suite]
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19 octobre 2018

« Comme un lundi » de Thomas Vinau

« Mon doigt qui te montre la lune. Pour la première fois. Tu vois mon doigt. Tu vois la lune. Tu ne regardes pas mon doigt. Tu ne regardes pas exactement la lune. Tu regardes plus loin que la lune. La lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit. Je voudrais te dire, vivre c’est ça. C’est montrer la lune à quelqu’un. Et partager en silence ce qu’il y a derrière. Partager la lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit ». C’est toujours avec un grand... [Lire la suite]
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