03 mars 2019

« Frère d’âme » de David Diop

« La France du capitaine a besoin que nous fassions les sauvages quand ça l’arrange. Elle a besoin que nous soyons sauvages parce que les ennemis ont peur de nos coupe-coupe. Je sais, j’ai compris, ce n’est pas plus compliqué que ça. La France du capitaine a besoin de notre sauvagerie et comme nous sommes obéissants, moi et les autres, nous jouons les sauvages. Nous tranchons les chairs ennemies, nous estropions, nous décapitons, nous éventrons. La seule différence entre mes camarades les Toucouleurs et les Sérères, les... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 10:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 février 2019

« 37, étoiles filantes » de Jérôme Attal

« C’est tout le charme d’Alberto : il passe une tête dans votre vie et vous vous y habituez. Vous voulez qu’il reste dans le cadre. C’est comme ça que Montparnasse adopte les artistes venus des quatre coins de l’Ancien Monde. Comme ça que Paris adoube les petites pisseuses de province qui en une seule journée se déclarent plus parisiennes que les cariatides des fontaines Wallace. C’est toute la mécanique du charme dont le souffle léger brûle les autres avant que votre aura ne soit touchée par un baiser de cendres et que... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 janvier 2019

« Habemus piratam » de Pierre Raufast

« Curieuse époque où les preuves matérielles sont remplacées par des preuves immatérielles. Les avatars électroniques trahissent leur maître et sèment derrière eux des métadonnées personnelles incroyablement bavardes. Notre double numérique est devenu notre pire ennemi. Un Judas en puissance, un traître incorruptible et froid qui compile, jour après jour, de précieuses informations à notre insu ». Nous sommes dans la vallée de la Chantebrie – vallée où décidément tout arrive ; le curé Francis reçoit régulièrement ses... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 06:37 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
07 janvier 2019

« Je voudrais que la nuit me prenne » d’Isabelle Desesquelles

« Ainsi je grandissais, pas seulement sur la toise, mais au travers d’être imaginaires devenus les meilleurs amis de mes parents, donc un peu les miens. À force j’ai bien senti que leur boheur parfait n’allait pas, qu’il n’y avait pas que le titre de trompeur, le bonheur aussi. Comme maman ? Qui serait toutes les femmes tristes qui n’en ont pas l’air. Je me suis retenue de ne pas sortir de mon lit, descendre lui faire un câlin, j’ai compris que papa le ferait à ma place et j’ai pu me rendormir. Les phrases habitaient mon... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
13 décembre 2018

« Quand Dieu boxait en amateur » de Guy Boley

« À l’issue d’un temps indéterminé, le soir et la fatigue tombant, les paupières plombées par la chaleur et par le silence de cette chambre insonorisée et comme toutes surchauffées, je ne savais plus très bien de ces deux mains laquelle était mienne, laquelle était sienne. Mystère de la matière, de nos viandes, de nos naissances, de nos enfantements, de ces milliers d’atomes qui tissent un fragment de peau, couleur, odeur et texture comprises. Je me savais son fils, né de sa sueur, de son courage, de son esprit entreprenant,... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 13:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
07 décembre 2018

« Et j’abattrai l’arrogance des tyrans » de Marie-Fleur Albecker

« C'est l'histoire de Johanna Ferrour, c'est l'histoire de Richard Plantagenêt le deuxième, c'est l’histoire d'un paysan, c'est l'histoire de John Ball et de Wat Tyler, c'est l'histoire du mois de juin 1381, c'est l'histoire du mois de juin 1381, c'est l'histoire des Jacques, des Tuchins, des Remensas, des Hussites, des Rustauds, c'est l'histoire des soulèvements des gens ordinaires, c'est une histoire de terres, d'injustice, de liberté, de foi et d'horizons perdus ». Voilà une primo-romancière qui n’a pas froid aux... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 14:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 novembre 2018

« Ásta » de Jón Kalman Stefánsson

« Qu'importe la marche du monde, qu'importent les catastrophes qui le frappent, les tempêtes, les crises économiques, les attentats, les populismes, les discours de haine, les pluies d'astéroïdes, mon amour t'est acquis. Il est inébranlable et ne s'éteindra qu'avec la mort. Et sache aussi que si la mort n'est pas la fin de tout, même morte, je t'aimerai encore. C'est intact que mon amour traversera la vie et la mort puis il rejoindra ces immensités dont nous ignorons la nature ». Lire Ásta, c’est faire une expérience de... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 07:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
18 novembre 2018

« Chien-loup » de Serge Joncour

« Si par chance un jour il n'y avait plus de guerre, en supposant de faire cet énorme effort d'imagination, des loups il en faudrait toujours, quitte à en réinventer ou à les faire revenir, car l'homme porte en lui le besoin de se savoir des ennemis et d'identifier ses peurs, ne serait-ce que pour fédérer les troupes ». Le nouveau roman de Serge Joncour nous plonge dans un même et unique endroit (fictif) : le mont d’Orcières dans le Lot mais avec alternance de deux époques : 1914 et 2017. Le roman s’ouvre sur... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 08:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
17 novembre 2018

« Au grand lavoir » de Sophie Daull

« Chacun son bocal. Moi j’entretiens le formol à faire durer les morts ». Le hasard a voulu que je termine ce livre à la gare du Mans où mon TGV effectuait un arrêt. Le Mans est à environ soixante kilomètres de Nogent-le-Rotrou où se déroule en grande partie l’histoire. Dans son deuxième roman, La suture, Sophie Daull évoquait le passé de sa mère, femme plutôt discrète et mystérieuse, sans pour autant déballer de façon impudique et voyeuriste son assassinat. Cependant, « la croûte gratte, la plaie reparle. Quelque... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 11:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
13 novembre 2018

« Des mirages plein les poches » de Gilles Marchand

« C'était un petit bateau, pas grand-chose en apparence, mais le bout d'un rêve, c'est forcément un grand quelque chose ». Après avoir dévidé le fil des nouvelles du recueil de Gilles Marchand, j’ai eu bien du mal à rembobiner l’ensemble. Le fil s’était distendu, avait subi des accros, s’était emmêlé sans que je m’en rende compte. J’ai beau avoir lu quelques nouvelles de l’auteur et ses romans, je crois que c’est vraiment la première fois que je mesure à quel point il a le sens de la tragédie et de la mélancolie.... [Lire la suite]
Posté par lepetitmouton à 18:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]