02 septembre 2016

« Repose-toi sur moi » de Serge Joncour

Coup de cœur – Rentrée littéraire 2016 « Elle se retourna pour voir s’il la regardait partir, il était déjà rentré, elle pensa à ces matchs que Richard et les enfants regardaient à la télé, des hommes qui se disputent une balle sous la pluie, des immatures massifs et jambes nues qui chahutent dans la boue. Et ce K-Way noir, cet homme se trimbalait sous l’eau avec un arc-en-ciel sur le torse, jambes et tête nues. Elle se dit que ce type semblait s’affranchir de tout, de la pluie, du froid, de tout ce monde, un être libre... [Lire la suite]
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01 septembre 2016

« Les disparus du phare » de Peter May

« Je finis, affalé sur la table de la cuisine, au bord des larmes. Décrire mon état d’esprit comme désespéré serait l’antithèse d’une hyperbole. Je me sens perdu, impuissant et effrayé. La rage enfle en moi, prête à exploser dans une manifestation de colère ou de violence, ou des deux. J’en viens à regretter de ne pas m’être noyé après ce qui s’est passé, quoi que ce fût, sur Eilean Mòr, la nuit où j’ai perdu mon bateau. J’agrippe mes cheveux à pleines mains, renverse la tête en arrière et hurle vers le plafond. » Un... [Lire la suite]
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31 août 2016

« Laëtitia ou la fin des hommes » d’Ivan Jablonka

« Nous avons de la distance vis-à-vis de nos morts, alors que la souffrance d’autrui nous happe, nous habite, nous hante, ne nous lâche plus. Pour nous-mêmes, il n’y a plus rien à faire. Notre blessure, c’est nous-même, le drame et la routine de votre vie, notre névrose apprivoisée, et nous y sommes habitués, comme à une infirmité. Il y a, dans la vie de Laëtitia, trois injustices : sa mort atroce, à l’âge de dix-huit ans ; sa métamorphose en fait divers, c’est-à-dire en spectacle de mort. Les deux premières... [Lire la suite]
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29 août 2016

« Fils du feu » de Guy Boley

« Papa et Jacky, ferronniers d’art ; ils maîtrisaient le feu mais ignoraient Vulcain, Prométhée et Wotan, Zeus ou Héphaïstos. Les dieux du Walhalla, d’Olympe ou de l’Iliade leur étaient inconnus. Même saint Eloi, patron des forgerons, ne les concernait pas. Ils étaient incultes, c’est-à-dire intelligents mais sans les livres capables de leur nommer, soit cette intelligence, soir cette inculture. Ils s’en moquaient, de toute cela, des trois divinités, des quatre horizons, des douze travaux d’Hercule ou des Mille et Unes... [Lire la suite]
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28 août 2016

« Une fille et un flingue » d’Ollivier Pourriol

« Plus il y a d’argent pour la star, moins il y en a pour le film. C’est un cercle vicieux. Ça fait une merde de plus sur les écrans, mais Gégé peut s’acheter un nouveau vignoble, et Mado garder sa maison. Vous comprenez ? Non ? Je vous avais prévenus, ça sert à rien l’école. Si y a besoin d’expliquer, c’est que tu peux pas comprendre. Je résume : les mecs de la télé sont tellement trouillards qu’ils préfèrent payer une fortune des noms qu’ils connaissent, plutôt que plonger dans l’inconnu. Alors qu’ils y... [Lire la suite]
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27 août 2016

« De ce pas » de Caroline Broué

Premier roman  « ’Que faites-vous dans la vie, Marjorie ? - Je suis une danseuse reconvertie. - Reconvertie dans quoi ? - Je ne le sais pas encore. Je cherche. En attendant, je donne des cours. - Vous cherchez à transmettre votre savoir, peut-être, c’est un beau projet ça… - Je n’aime pas ce mot, il est trop vague. On l’utilise partout aujourd’hui, vous savez. Je cherche à construire, c’est plus vaste. Construire, c’est aller des fondations au dernier étage de la maison. C’est à la fois bâtir en partant de... [Lire la suite]
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26 août 2016

« Beaux rivages » de Nina Bouraoui

« De toute façon, ni toi ni moi ne savons de quoi est fait l’amour, de quoi il est constitué, personne ne le sait d’ailleurs, c’est pour cette raison qu’en général il ne dure pas ; l’amour n’existe pas, c’est juste un reflet dans une flaque d’eau, un petit miracle que l’on croit entrapercevoir entre les ombres et qui disparaît dès que l’on s’en approche de trop près ; c’est ça l’amour, c’est tout et rien à la fois, il suffit juste de le savoir pour s’en protéger, pour ne pas avoir trop mal quand on tombe du manège... [Lire la suite]
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25 août 2016

« Rien que des mots » d’Adeline Fleury

Premier roman   « Même si elle peut en lire à satiété sur sa Linum, le plaisir n'est pas le même. Il ne sera jamais plus le même ! Il n'y aura plus jamais cette sensualité au tourner des pages, cette légère odeur d'encre séchée, cette rugosité du papier vieilli qui faisaient que les personnages s'animaient à la lecture, que l'auteur lui parlait, l'enrobait de ses mots. Non, la magie des mots n'opère plus du tout par écran interposé. » Avec Rien que des mots, je suis tombée sur un roman dont le thème m’a plu mais le... [Lire la suite]
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24 août 2016

« La mésange et l’ogresse » de Harold Cobert

« Et puis faut pas croire, il est exigeant mon fauve, très exigeant pour ses proies, comme avec son chien, il ne chasse pas n’importe qui, ça non, ce n’est pas toujours Noël, et quand bien même elles ne sont pas reparties, toutes ces filles, franchement, le viol, ce n’est pas mortel, dans d’autres pays, les fillettes violées, c’est presque normal, pourquoi on en fait tout un foin comme ça ? » Qui ne connaît pas l’affaire Fourniret ? Qui ne connaît pas « l’ogre des Ardennes », l’un des plus tristement... [Lire la suite]
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23 août 2016

« Ma fille » de Jane Shemilt

« C’est une chance. Bonne chance, c’est mon jour de chance, un coup de chance, souhaite-moi bonne chance. Un mot bien banal pour décrire les revirements de fortune, la vie qui s’ouvre ou se ferme devant vous, comme des grandes portes claquant au vent. Naomi ne pensait pas qu’elle aurait besoin de chance un jour. Elle se figurait qu’elle était née sous une bonne étoile. Je le croyais aussi ; je croyais que c’était notre cas à tous. Il y a seulement un an, j’étais persuadée que nous avions tout ce que nous pouvions désirer.... [Lire la suite]
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