08 décembre 2019

« Je transporte des explosifs on les appelle des mots » - Poésie et féminismes aux États-Unis

C’est ce titre, superbe, qui a attiré mon attention. Puis, le sous-titre a ajouté une couche. Je me suis donc lancée dans la lecture de cette anthologie de poèmes féministes écrits entre 1969 et aujourd’hui par des poétesses américaines. Tous les poèmes sont en version bilingue et je salue cette idée même si je suis une buse en anglais. Nous y trouvons ainsi Audre Lorde, Jan Clansen, Adrienne Rich, Dorothy Allison, Irena Klepfisz… Cette anthologie est précédée d’un essai écrit par Jan Clansen en 1982 expliquant la place de la... [Lire la suite]
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06 décembre 2019

« Prins » de César Aira

« Ce que tu n’as jamais compris, c’est qu’écrire est secondaire. Avant il y a l’homme, l’amant, et dès l’instant où l’homme et l’amant sont tombés dans la feuille blanche de l’oubli, il n’est plus resté que le monstre froid et destructeur ». Voilà un roman hallucinant, pour ne pas dire hallucinatoire si je fais le lien avec l’opium, héros à lui tout seul de cette histoire complètement barrée. Le titre suscite déjà des interrogations. Une note à la fin du livre précise que Prins vient d'Arturo Prins, un architecte qui a... [Lire la suite]
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01 décembre 2019

« Le cri du sablier » de Chloé Delaume

« Maman se meurt première personne. Elle disait malaxer malaxer la farine avec trois œufs dedans et un yaourt nature. Papa l’a tuée deuxième personne. Infinitif et radical. Chloé se tait troisième personne. Elle ne parlera plus qu’au futur antérieur. Car quand s’exécuta enfin le parricide il fut trop imparfait pour ne pas la marquer ». Dès les premières lignes, c’est le Verbe qui surprend, nous colle au récit, nous malmène. Le doute puis la magie opère ; Chloé Delaume parvient à nous emporter. La petite fille en... [Lire la suite]
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27 novembre 2019

« La chute des comètes et des cosmonautes » de Marina Skalova

« FILLE. Le communisme a échoué, le capitalisme a échoué… PÈRE. L’amour a échoué. FILLE. La famille a échoué ». Une jeune astrophysicienne et son père prennent la route ensemble pour un Berlin-Moscou. Chacun a ses raisons pour se rendre dans la capitale russe, des raisons plutôt vagues d’ailleurs. Pendant trois jours, nous suivons leur périple dans ce huis-clos qu’est la voiture. Le père et la fille ne sont pas très proches ; la communication est difficile, parfois un peu violente, pleine de non-dits et de... [Lire la suite]
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24 novembre 2019

« Le bleu du lac » de Jean Mattern

« ... si seulement je croyais à l’existence du péché et à la possibilité d’effacer mes fautes par un tour de passe-passe avec le bon Dieu, si seulement j’espérais encore obtenir les jours de l’absolution et les vertus du pardon, mais je connais le poids de mes actes, je le connais au gramme près, et à ce jour je n’ai trouvé aucun moyen de m’en délester, peut-être parce que l’addition de nos fautes fait aussi le prix d’une vie... » Viviane se rend à l’enterrement de James. Elle va, pendant la cérémonie, interpréter au... [Lire la suite]
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20 novembre 2019

« Lust » d’Elfriede Jelinek

« Il faudra bien un jour qu’elle apprenne à s’offrir sur un plateau, à se donner elle-même plaisamment, complaisamment, c’est trop long, trop pénible d’avoir à cueillir un à un tous ses fruits. Mais non, rien à faire. Un peu en retrait devant la caisse, il embrasse du regard son bien, vide béant devant lequel les marchandises font le beau. Et voit autour de lui virevolter des employés du supermarché, auxquels il a pris leurs enfants, les uns pour l’usine, les autres en les acculant à quitter le pays – ou à sombrer dans la... [Lire la suite]
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14 novembre 2019

« Un homme qui dort » de Georges Perec

« Tu t’es arrêté de parler et seul le silence t’a répondu. Mais ces mots, ces milliers, ces millions de mots qui se sont arrêtés dans ta gorge, les mots sans suite, les cris de joie, les mots d’amour, les rires idiots, quand donc les retrouveras-tu ? » Un matin, un jeune étudiant décide de ne pas se lever pour passer un examen. Commence alors une vie faite d’abandon, de solitude, de lassitude, de torpeur. Une existence où le goût de la vie semble avoir disparu d’un coup. Une vie détachée de tout sentiment, de toute... [Lire la suite]
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12 novembre 2019

« Opus 77 » d’Alexis Ragougneau

« Le vrai virtuose mondial, c’est celui qui a peur à s’en pisser dessus et qui s’avance seul devant trois mille spectateurs, pour jouer Ravel, Chopin, Rachmaninov, sans ciller ». Ariane Claessens se lève dans l’église où a lieu l’enterrement de son père, célèbre chef d’orchestre. Elle s’avance, s’installe devant le piano pour lui rendre hommage. Alors qu’elle avait pensé à Liszt, elle se lance dans un concerto pour violon. Les premières notes s'élèvent. L’assemblée s’étonne, s’insurge même. Elle joue l’Opus 77 de... [Lire la suite]
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07 novembre 2019

« Icebergs » de Tanguy Viel

    « Et de même qu’il faudra, dans ce même mythe, que Cronos déchire la surface du ciel pour rendre la vie possible, de même je suis forcé de déchirer la surface de la pensée pour que coule sur la page l’encre nécessaire à son inscription ». En dix promenades littéraires, Tanguy Viel livre ses réflexions, ses manies, ses doutes, ses obsessions sur l’écriture et la littérature. L’art de la mélancolie, le démon de la citation, la défense du négatif.  Il nous conte aussi ses lectures et auteurs : une... [Lire la suite]
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04 novembre 2019

« Lanny » de Max Porter

« Je pense à mon bébé qui dort dans la chambre à côté. Ou qui ne dort peut-être pas. Peut-être qu’il est dans le jardin et qu’il danse avec les elfes et les gobelins. Nous partons du principe qu’il dort comme un enfant normal, mais ce n’est pas un enfant normal, c’est Lanny Greentree, notre petit mystère ». Un petit village anglais tranquille. Du moins en apparence car le Père Lathrée Morte, sorte de créature légendaire, d’esprit sacré de la nature, entend tout ce qui se dit au village. Et la réalité est bien loin d’être... [Lire la suite]
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