10 septembre 2017

« Nos vies » de Marie-Hélène Lafon

« Les doigts longs de Gordana exécutent, ses ongles sont roses, elle fait les gestes, son regard est impossible, elle ne voit pas les personnes et ne veut pas les voir. Elle n’en a pas les moyens, ce serait un luxe insensé, c’est bon pour les autres, les natifs, les légitimes qui n’ont pas à se battre pour tout et habitent chaque seconde de leur pays, de leur langue, sans même y penser ». Nous sommes à Paris dans le Franprix de la rue du Rendez-Vous, la bien nommée. Jeanne est retraitée et vient faire ses courses deux... [Lire la suite]
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08 septembre 2017

« Gabriële » d’Anne et Claire Berest

« Jamais Gabriële ne parlera d’amour. Jamais elle ne dira : je l’aimais et il m’aimait. Ce qui se passe entre eux est un face-à-face d’où jaillissent la pensée et la création, c’est le début d’une infinie conversation, au sens étymologique du terme, aller et venir sur une même rivière, dans un même pays ». C’est quand on cache les choses, qu’on ne dit rien que l’on suscite la curiosité. C’est ce qui est arrivé aux sœurs Berest quand elles ont véritablement compris que leur mère Lélia était la petite-fille de Francis... [Lire la suite]
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07 septembre 2017

« Un bruit de balançoire » de Christian Bobin

« Il faut avoir une force terrible pour supporter de lire un seul poème. Aller au-devant d’une phrase comme au-devant de sa propre mort. Accepter de n’être plus protégé par rien et recevoir le coup de grâce d’une parole claire en son obscurité ». « La poésie on ne sait pas ce que c’est, mais on la reconnaît quand on la rencontre ». Cette phrase du poète Jean L’Anselme résume parfaitement mon opinion sur ce nouvel ouvrage de Christian Bobin. C’est de la poésie, de la belle poésie sans nul doute, mais difficile à... [Lire la suite]
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01 septembre 2017

« Les jouisseurs » de Sigolène Vinson

« Il a étalé du rouge jusque dans les yeux du pantin. Par excès de réalisme et de représentations des vaisseaux sanguins, il est parvenu à un surréalisme pompier. Tout fait casque, puisque, foutu pour foutu, il a vidé son tube de peinture rouge sur la perruque, qui a durci. Eléonore se lève et tourne autour de l’œuvre, en faisant bien attention de ne pas se prendre les pieds dans le train. Comme elle n’a pas envie d’accabler Olivier, elle cherche la beauté du geste. Elle comprend qu’ils partagent tous les deux la même faculté... [Lire la suite]
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29 août 2017

« Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand

Coup de cœur – rentrée littéraire 2017 « J’étais quelque part entre l’enfant normal et l’enfant handicapé. Il n’existait pas de case pour les gens comme moi. La nature ne m’avait pas prévu, la société ne m’avait pas prévu, la médecine ne m’avait pas prévu et mes camarades ne m’avaient pas prévu. Ils devaient apprendre une nouvelle règle. Est-ce que j’étais à porter au pinacle ou à mettre au clou ? C’est ce qu’ils semblaient se demander avec leurs petites têtes toute décoiffées. Plus j’y réfléchis plus je me dis que... [Lire la suite]
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28 août 2017

« Le camp des autres » de Thomas Vinau

Coup de cœur – rentrée littéraire 2017  « Mais la forêt n’a jamais perdu ses propres règles, son propre règne, son ventre de nuit sauvage. Elle est restée le souffle archaïque de nos cycles, l’haleine musquée de nos origines, la reine ombragée du vivant, la ruade. Nous nous sommes tenus à l’écart pour inventer nos propres nuits, nos propres lois de bêtes orphelines, nos merveilles, nos désastres, nos propres dieux et nos propres monstres, sans jamais cesser de la craindre avec vénération. Elle est alors devenue de refuge... [Lire la suite]
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26 août 2017

« Ces rêves qu’on piétine » de Sébastien Spitzer

Premier roman Coup de cœur – rentrée littéraire 2017  « Je vais mourir. Et beaucoup d’autres mourront comme moi. Vous avez laissé faire. Je jure que je crèverai le voile de vos mystères, de vos hontes cachées, de votre ignominie. Je m’appelle Markus Katz. C’est le nom que mes parents m’ont offert quand je suis né. Je porte le nom de mon peuple. Je suis le Juif Markus Katz. Et je serai votre chat noir, celui qui hantera le reste de vos nuits, puisque vous possédez le jour. Ce serment, je le fais par mon sang dont j’ai... [Lire la suite]
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21 août 2017

« Légende d’un dormeur éveillé » de Gaëlle Nohant

Coup de cœur – rentrée littéraire 2017 « Ils sont à peine plus nombreux que les Apôtres mais autour de cette table, ils représentent tout ce que les croisés de la morale et de la religion abhorrent. Le monde nouveau dont ils souhaitent l’avènement ouvrirait la connaissance à tous, serait fait de dialogues entre les peuples et de respirations, de la liberté de penser et d’aimer qui bon vous semble, d’une répartition plus juste des richesses ». Après le succès de La part des flammes, nous étions beaucoup de lecteurs à... [Lire la suite]
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20 août 2017

« Le jour d’avant » de Sorj Chalandon

« Malgré les déclarations et les promesses, le supplice de notre peuple s’est arrêté aux portes de l’Artois. Notre deuil n’a pas été national. À l’heure de dire au revoir à son charbon, la France a oublié de dire adieu à ses mineurs. Le monde qu’ils incarnaient n’existait déjà plus. Jojo et ses amis sont morts trop tard pour être défendus par la Nation ». Quand Sorj a sorti Profession du père à la rentrée 2015, j’ai eu peur qu’il arrête d’écrire parce qu’il avait enfin crevé totalement l’abcès sur son enfance et sur sa... [Lire la suite]
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11 juillet 2017

« Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson

« La question s’est imposée d’elle-même : pourquoi moi ? Les images se bousculent : les lunettes du myope, le pull jacquard informe, l’élève tête à claques, les trop bonnes notes, les gestes de fille. La question se justifie. Il dit : parce que tu n’es pas du tout comme les autres, parce qu’on ne voit que toi sans que tu t’en rendes comptes. Il ajoute cette phrase, pour moi inoubliable : parce que tu partiras et que nous resterons ». Arrête avec tes mensonges était la phrase que la mère de... [Lire la suite]
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