14 janvier 2019

« Des hommes couleur de ciel » d’Anaïs Llobet

    « Un goût acide envahit ses gencives. Voilà, on y est, se dit Alissa. La Tchétchénie est devenue un gros mot aux Pays-Bas, à chuchoter et à ne surtout pas graver sur les tables. Un mot défendu, qui attire l’attention, qui pue le sang et la mort, déjà banni des repas de famille en Russie et désormais ceux aux Pays-Bas. IL allait rejoindre la constellation de mots innocents et imbibés de haine. Alissa se sentit subitement épuisée. Il avait suffi d’un élève pour balayer dix années d’intégration parfaitement... [Lire la suite]
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11 janvier 2019

« D’os et de lumière » de Mike McCormack

    « à l’infini Le monde entier bâti sur des principes premiers, imposants et rigides comme tout ingénieur des structures pourrait le souhaiter, chaque ligne suivant de manière nécessaire la précédente pour relier le ciel et la terre étape par étape, du premier grain du premier instant jusqu’au dernier scintillement évanescent de lumière au cours duquel tout s’engouffre dans l’obscurité, pour un ingénieur, un rêve d’ascension structurée et de stabilité boulonnée dans chacune des lignes de ces cinquante pages si... [Lire la suite]
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08 janvier 2019

« Vous êtes ici » de John Freeman

« Si nous Pouvions établir Un atlas De la souffrance, La plupart des terres Seraient Terra incognita ». Les lieux fascinent l’Homme. Pour leur beauté, pour leur laideur. Pour leur pureté, pour leurs courbes modelées par les activités humaines. Nous nous sentons parfois étrangers à eux ou au contraire si proches même si nous ne les connaissons pas. Les lieux qu’on traverse, occupe, visite, rêve, fuit nous forgent, nous traversent de leur Histoire et nous y versons nos propres anxiétés et espoirs. L’Homme et le lieu... [Lire la suite]
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07 janvier 2019

« Je voudrais que la nuit me prenne » d’Isabelle Desesquelles

« Ainsi je grandissais, pas seulement sur la toise, mais au travers d’être imaginaires devenus les meilleurs amis de mes parents, donc un peu les miens. À force j’ai bien senti que leur boheur parfait n’allait pas, qu’il n’y avait pas que le titre de trompeur, le bonheur aussi. Comme maman ? Qui serait toutes les femmes tristes qui n’en ont pas l’air. Je me suis retenue de ne pas sortir de mon lit, descendre lui faire un câlin, j’ai compris que papa le ferait à ma place et j’ai pu me rendormir. Les phrases habitaient mon... [Lire la suite]
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02 janvier 2019

« Les grands espaces » de Catherine Meurisse

La légèreté m’avait permis de connaître Catherine Meurisse. Bien sûr, j’avais déjà vu ses caricatures dans Charlie Hebdo mais je n’ai jamais été une lectrice assidue de ce journal ; c’était donc ma première véritable immersion dans son univers. Ce que j’ai vu, lu m’a tellement plu que je ne pouvais pas ne pas lire Les grands espaces. « Les filles, la campagne sera votre chance », telle est la phrase que lance la mère à Catherine et sa sœur Fanny quand ils s’installent dans le Poitou. Et oui, à travers ses... [Lire la suite]
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28 décembre 2018

Mes 20 livres marquants sortis en 2018

Fin de l’année, l’heure de mon bilan littéraire.Tout d’abord j’ai eu l’immense chance de participer à deux jurys littéraires : 🏻 le prix Orange 2018. Le gagnant est « Cette nuit » de Joachim Schnerf🏻 le prix roman des lecteurs des éditions Points 2018. Le gagnant est « Une bouche sans personne » de Gilles Marchand.Riche de ces expériences et d’autres découvertes, mon année littéraire 2018 a été très belle.Cependant pour 2019 je ne prévois aucun jury. Je tiens beaucoup en ce moment à ma liberté de lecture.... [Lire la suite]
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27 décembre 2018

« La fille hérisson » de Jonas T. Bengtsson

« Suz affûte ses couteaux. Elle les adore. Elle les sort souvent pour les observer. Ce sont des armes qui ne demandent qu’à pénétrer les chairs, trancher, découper, tuer. Des outils avec un but précis. Elle ressent toujours une sensation de puissance quand elle les regarde. Les couteaux rallongent ses bras, ils contredisent son poids et sa taille ». Suz a dix-neuf ans et vit dans une tour de la banlieue de Copenhague. Suz n’a pas de rêves de petite fille même si elle a conservé le physique d’une gamine de douze ans. Nul... [Lire la suite]
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21 décembre 2018

« Homo sapienne » de Niviaq Korneliussen

« Piitaq. Un homme. Trois ans. Des milliers de projets. Des millions d’invitations à dîner. Séances d’aspirateur et de ménage qui tendent incessamment vers l’infini. Sourires faux qui s’enlaidissent. Baisers secs qui se figent comme du poisson séché. Il faut éviter le mauvais sexe. Mes orgasmes simulés sont de moins en moins crédibles. Mais nous continuons à faire des projets. Les journées s’assombrissent. Le vide en moi s’agrandit. Mon amour n’a plus aucun goût. Ma jeunesse vieillit. Ce qui me maintient en vie se dirige... [Lire la suite]
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18 décembre 2018

« Deux heures » de Sylvia Rozelier

« Tu ne t’es jamais sentie comme elles, les autres femmes, les autres mères qui parlent de leur amour. Cette chose qu’elles mettent en mots et qui te laisse toujours comme une impression confuse de malaise, d’imposture. Sentiment qu’accompagnent tant de superlatifs et qui t’a toujours paru polymorphe et évolutif, avant tout personnel. Une découverte de chaque instant, rien moins qu’une évidence donnée pure et belle. Lorsqu’elles en parlent les femmes, les mères, tu te sens exclue de cette poussée de sève, de vie,... [Lire la suite]
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13 décembre 2018

« Quand Dieu boxait en amateur » de Guy Boley

« À l’issue d’un temps indéterminé, le soir et la fatigue tombant, les paupières plombées par la chaleur et par le silence de cette chambre insonorisée et comme toutes surchauffées, je ne savais plus très bien de ces deux mains laquelle était mienne, laquelle était sienne. Mystère de la matière, de nos viandes, de nos naissances, de nos enfantements, de ces milliers d’atomes qui tissent un fragment de peau, couleur, odeur et texture comprises. Je me savais son fils, né de sa sueur, de son courage, de son esprit entreprenant,... [Lire la suite]
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