27 février 2019

« La plus précieuse des marchandises » de Jean-Claude Grumberg

Le conte. Plus grand monde ne se risque aujourd’hui à écrire un conte. Certains se moquent même de ces histoires comme Le Petit Poucet. Jean-Claude Grumberg annonce dès le début : « Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule ». Oui mais le conte a pour vocation la transmission et pour l’histoire qui arrive, je vous assure, ça ne peut pas faire de mal...Pauvre bûcheronne vit en forêt avec pauvre bûcheron. C’est la guerre. Pauvre bûcheron est réquisitionné pour des travaux d’intérêt général. Sa femme doit... [Lire la suite]
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25 février 2019

« 37, étoiles filantes » de Jérôme Attal

« C’est tout le charme d’Alberto : il passe une tête dans votre vie et vous vous y habituez. Vous voulez qu’il reste dans le cadre. C’est comme ça que Montparnasse adopte les artistes venus des quatre coins de l’Ancien Monde. Comme ça que Paris adoube les petites pisseuses de province qui en une seule journée se déclarent plus parisiennes que les cariatides des fontaines Wallace. C’est toute la mécanique du charme dont le souffle léger brûle les autres avant que votre aura ne soit touchée par un baiser de cendres et que... [Lire la suite]
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21 février 2019

« Vigile » de Hyam Zaytoun

    « Dans les yeux de cette femme, l’effort de vérité est empli d’empathie. Et ce respect-là me donne des forces. Ces mots que je lui dis : - Je sais que je serai capable de m’en occuper, même s’il est handicapé, même s’il n’est plus le même. J’en suis capable. Pourvu qu’il sache qui je suis, qui nous sommes. C’est étrange de dire cela, mais c’est ma façon à moi de lui demander de se battre pour ta vie. De ne pas te lâcher. Et je lui plante cela dans le cerveau comme elle a planté le peu d’espoir dans le... [Lire la suite]
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19 février 2019

« L’exil n’a pas d’ombre » de Jeanne Benameur

« Ils ont déchiré mon livre mais tous les signes qui vivent en moi personne ne peut y toucher. C’est ma liberté. Entière. Secrète. C’est la liberté de chacun qui veut bien tenter l’aventure. Que l’on soit homme, femme, qu’importe. Les signes se donnent à celui qui veut bien les accueillir, tout au fond de lui et les signes nous transforment. C’est cela le bonheur de chaque jour ». Une émission de radio. Une femme. Une voix. Un regard posé sur le monde, sur les mots. Le mercredi 6 février 2019, j’écoute Jeanne... [Lire la suite]
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13 février 2019

« Les variations sentimentales » d’André Aciman

« Il y a une vie qui se déroule en temps normal et une autre qui surgit un jour mais fait long feu tout aussi soudainement. Et il y a aussi la vie que nous ne pourrons peut-être jamais atteindre, mais qui pourrait si facilement être nôtre si seulement nous savions comment la trouver. Elle n’existe pas nécessairement sur notre planète, mais est tout aussi réelle que celle que nous vivons – appelons la nôtre si seulement nous savions la trouver. Elle n’existe pas nécessairement sur notre planète, mais est tout aussi réelle que... [Lire la suite]
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09 février 2019

« Saltimbanques » de François Pieretti

« Je suis resté assis sur le remblai, à m’interdire de bouger. Je voulais qu’elle me rejoigne d’elle-même. Mais les minutes passaient, et, entraîne dans la farandole des danseurs qui avaient envahi l’endroit, je me suis retrouvé sur le parking. Tôt ou tard, il allait falloir que je m’en aille, que je les abandonne et que j’aille tenter de vivre ailleurs. Tout le monde le savait, et, avec les jours qui défilaient, je commençais à comprendre que je n’arriverais jamais à retrouver mon frère, qu’il avait disparu en emportant ses... [Lire la suite]
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05 février 2019

« Partiellement nuageux » d’Antoine Choplin

    « J’aimerais beaucoup que vous me donniez le bras, j’ai dit. J’aimerais qu’on le fasse simplement, sans se poser de question. Juste parce qu’il me semble qu’on en est là, à se prendre le bras. Et que, si on le faisait pas, ça ressemblerait un peu à un mensonge. Elle a écarquillé les yeux en ralentissant un peu son allure. On pourrait le faire assez vite, j’ai ajouté, avant d’arriver au funiculaire. Après, on sait pas trop comment ça va se passer ». Après la Tchécoslovaquie avec Tomas Kusar début 2017,... [Lire la suite]
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31 janvier 2019

« État de nature » de Jean-Baptiste de Froment

    « Je vous demande de ne pas le crier sur tous les toits mais depuis quelques mois se multiplient, à tous les échelons de l’appareil d’État et de la société en général, ce que j’appellerais des défections spontanées. Ce sont des gens sans histoire, des gens normaux, des gens qui, croyez-le bien, ne brillent vraiment pas par leur originalité, mettons des sous-directeurs, des ouvriers, des coiffeuses et même des notaires, qui, tout d’un coup, passez-moi l’expression, partent complètement en vrille […]. Ils restent... [Lire la suite]
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27 janvier 2019

« Les enténébrés » de Sarah Chiche

« Les semaines passent. Et jour après jour nous continuons à convulser jusque dans l’abîme, comme ses marionnettes dont on coupe les fils et qui juste avant de s’effondrer produisent une danse inouïe. Il arrive à Richard de penser que si mon enfant mourait, alors je quitterais plus facilement mon compagnon. Il m’arrive de penser que si Richard mourait, je serais débarrassée de l’enfer de contradictions dans lequel je croupis et je pourrais alors retrouver ma tranquillité. Il m’arrive de penser que si Paul mourait, je pourrais,... [Lire la suite]
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25 janvier 2019

« Mon sang à l’étude » de Joachim Schnerf

« Parce qu’il le faut ; je m’appelle Samuel. J’ai vingt-six ans, aucun trait. J’avancerai d’un pas ferme et la brise caressera mon crâne. Je connais déjà le chemin par cœur, c’était il y a cinq jours. L’aiguille a pénétré mon bras, lentement, d’une absurde délicatesse. La peau se plisse jusqu’à la défloraison. Et l’on accepte sans se plaindre. La pénétration est glaciale et enfin tout se relâche, la vie gicle. Les tubes se remplissent un à un ». Samuel a vingt-six ans, la vie devant lui mais une épée de Damoclès... [Lire la suite]
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