24 mai 2020

« L’âge de la première passe » d’Arno Bertina

Un sujet casse-gueule : le regard d’un homme sur des femmes, le regard d’un homme sur des prostituées, le regard d’un blanc européen sur des filles d’Afrique noire. Tant d’écueils à éviter mais, Arno Bertina y parvient parfaitement pour livrer un récit remarquable. Plusieurs séjours avec une ONG au Congo pour évoquer une prostitution en périphérie des villes, loin du tourisme sexuel pour Européens : « je pensais que ce serait l’argent des expats et c’est l’absence d’argent des Congolais ». Pourquoi ces mineures,... [Lire la suite]
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18 mai 2020

« Île » de Siri Ranva Hjelm Jacobsen

« Toi ? Tu ne sais même pas prononcer ton propre nom ». Elle est danoise mais d’origine féroïenne par sa mère. Elle sait peu de choses sur la terre de ses ancêtres, sur cette famille restée sur les îles. Quelques souvenirs épars avec ses grands-parents notamment – sa omma et son papé. Avec ses parents, la narratrice refait le voyage vers les îles, en quête d'une partie de son identité : « Les racines frémissent et cherchent. Elles transportent les particules mortes d’une autre terre ». Ce roman est... [Lire la suite]
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10 mai 2020

« Parler peau » de Sabine Huynh

La peau, le corps. Nos meilleurs ennemis. D’eux, nous attendons tout, nous craignons tout. Des peaux et des corps à modeler, à mettre dans des cases. Des corps qu’on maltraite. Des peaux qu’on cache ou surexpose. Des êtres enfermés dans des cages dorées ou des cachots. Nous prêtons attention aux regards et aux mots mais, nous écoutons peu nos corps. Derrière leurs maux, les mots sont là : le corps est un langage. Un langage du silence ; le corps a tant à dire mais si peu de mots peuvent transcrire avec exactitude, avec... [Lire la suite]
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06 mai 2020

« Médée Kali suivi de Sodome, ma douce » de Laurent Gaudé

Deux pièces de théâtre sur des mythes revisités. Deux histoires de femmes. Deux histoires de vengeance. Deux monologues (+ les voix des enfants dans Médée Kali). Les réunir dans un même ouvrage tombait sous le sens. « Ce que j’aurais fait pour toi, Pour être à un homme comme toi Et pouvoir, la nuit, dans ta couche, caresser tes lèvres. Je suis belle. Je suis Médée Kali ». Médée revient sur le lieu de sépulture de ses enfants qu’elle a assassinés. Elle veut récupérer leurs corps pour les soustraire à leur père Jason... [Lire la suite]
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01 mai 2020

« Ève de ses décombres » d’Ananda Devi

« Tout cela est si bref. Quelques années dérisoires, à peine le temps d’ouvrir des yeux neufs sur la vie et, déjà, ce qui se présente à nos yeux est la mort. Notre alternative : soit la défaite, soit la conquête par la violence. Mais cette conquête-là n’en est pas une. C’est la résistance des désespérés. C’est ce que j’aurais voulu leur dire, à eux qui se déploient en ce moment à travers la ville avec leurs visages d’anges néfastes, pris dans leur faux rythme, la voix pétaradante de leurs machines annonçant l’échéance. Je... [Lire la suite]
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24 avril 2020

« Des arbres à abattre » de Thomas Bernhard

« Ils le voyaient bien : je suis l’observateur, l’ignoble individu qui s’est confortablement installé dans le fauteuil à oreilles et s’adonne là, profitant de la pénombre de l’antichambre, à son jeu dégoûtant qui consiste plus ou moins à disséquer, comme on dit, les invités des Auersberger. Ils m’en avaient toujours voulu de les avoir toujours disséqués en toute occasion, effectivement sans le moindre scrupule, mais toujours avec une circonstance atténuante ; je me disséquais moi-même encore bien davantage, ne m’épargnais... [Lire la suite]
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11 avril 2020

« Le livre de l’intranquillité » de Fernando Pessoa

Le livre de l’intranquillité. Un si joli titre poétique pour un livre qui n’en était pas un à l’origine. Une malle, des feuilles éparses en héritage. Aucun plan, aucune indication : des fragments à recomposer pour donner une structure, une cohérence. Un résultat forcément subjectif qui a évolué au fil du temps, au fil des traductions. La plupart des textes, qui forment une "autobiographie sans événéments", sont attribués à l’un des hétéronymes de Pessoa : Bernardo Soares. Dans une prose somptueuse, Soares/Pessoa se lance... [Lire la suite]
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16 mars 2020

« Les immortelles » de Makenzy Orcel

« Je lui disais que la littérature n’était pas une chose pour les gens comme nous, pour les putes. De laisser ça à ceux qui n’ont rien à faire. Les bienheureux. Les ayants droit. Peut-être que j’avais tort ». « Tu me donnes ce que je te demande et toi après tu pourras m’avoir dans tous les sens que tu voudras ». Un marché conclu. Entre un homme et une femme. Entre un client et une pute. Entre un écrivain et une immortelle. Port-au-Prince. La Grand-Rue. La rue de la prostitution et des larcins. La rue qui, comme... [Lire la suite]
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12 mars 2020

« Les échappées » de Lucie Taïeb

« On porte en soi la mort comme un fruit qui mûrit, paraît-il, mais on ne veut pas, pour autant, qu’elle parvienne à maturité. On préfère qu’elle ne grandisse pas, alors on ne bouge pas, de peur d’accélérer le processus. Mais, il y a, dans cette immobilité, quelque chose qui ronge, véritablement : un épuisement prématuré des forces, un déclin impassible, une image qui vous fascine et vous empêche de fuir, comme la bête piégée par l’éclat des phares, stoppée net au milieu de la voie, et que le véhicule n’évitera pas ».... [Lire la suite]
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08 mars 2020

« Le dernier amour d’Attila Kiss » de Julia Kerninon

« Ce livre est l’histoire d’un amour – la plus petite de toutes les histoires – l’histoire du dernier amour d’Attila Kiss. Parce que c’est une chose de déposer les armes, dans un mouvement superbe de tapage et de dévotion, mais c’en est une autre que d’accepter à partir de cet instant de vivre comme perpétuellement désarmé ». « Lorsque deux individus se rencontrent et cherchent à entrer en contact jusqu’à se fondre, cela commence toujours comme commence une guerre – par la considération des forces en présence » ... [Lire la suite]
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