13 septembre 2018

« Comme si j’étais seul » de Marco Magini

« Je ne réponds pas, c’est comme si je comprenais soudain la signification véritable de toutes ces années dans l’armée. J’ai vécu en croyant à un mensonge auquel je ne peux plus croire, j’ai vécu en cherchant à me convaincre que je ne faisais qu’exécuter les ordres, que je portais à destination des caisses de munitions, comme s’il s’agissait d’une bien parmi d’autres, comme si je ne savais pas à quoi elles servaient vraiment. Ce que j’ai fait n’était pas un travail comme un autre, un emploi pour survivre. J’ai décidé de prendre... [Lire la suite]
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12 septembre 2018

« Tout foutre en l’air » d’Antoine Dole – « Highline » de Charlotte Erlih

« Tu crois qu’ils comprendront ? Tu crois qu’ils m’en voudront ? Est-ce que tu penses qu’ils s’en rendront seulement compte ? Mon absence, comme un point de néant. Et leurs vies, lancées à cent à l’heure, impossibles à saisir, à attraper, à garder contre soi, est-ce que leur monde à eux s’arrêtera de tourner même une brève seconde ? Combien de fois j’ai eu l’impression de vivre en dehors de tout cela, à côté, en marge. Mon existence sur leurs contours, jamais tout à fait dans leurs vies à eux ». (Tout... [Lire la suite]
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11 septembre 2018

« Simple » de Julie Estève

« La chaise, elle est perdue comme moi au soleil, et le soleil craque sur ma tête mais je m’en cogne d’être rouge, d’être fou de chaleur, j’en profite parce qu’il chasse les autres dans les lits et les fauteuils à bascule, ils dorment dans leur coin et moi, j’ai la paix ! Là, on entend rien que les mouches et les frelons qui passent et qui dérangent le silence, on leur dit rien à eux, ils sont peinards les insectes ». « Franchement j’ai été bluffée par l’auteur. J’ai l’impression qu’on a affaire à du très lourd... [Lire la suite]
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07 septembre 2018

« Douce » de Sylvia Rozelier

« J’ignore quand mon corps a commencé à en porter la trace, se retrancher, se reculer imperceptiblement quand on m’approchait, d’un geste de rien d’abord, un raidissement, quand j’ai cessé de dire ce que je pensais, n’ai plus su m’exprimer, ai perdu les mots, les repères, la syntaxe, la mémoire, quand j’ai balbutié. Quand j’ai baissé la tête, les yeux, courbé l’échine, évité certains sujets, certains regards, certaines confrontations. Ce n’était pas arrivé d’un coup, ça s’était installé puis diffusé ». Jusqu’où peut-on... [Lire la suite]
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05 septembre 2018

« La fin de la solitude » de Benedict Wells

« Et si le temps n’existait pas ? Si tout ce que nous vivions était éternel et que ce n’était pas le temps qui passait devant nous, mais nous qui passions devant ce que nous avons vécu ? Je me pose souvent la question. Nous changerions de perspective, nous nous éloignerions des bons souvenirs, mais ils seraient toujours là et, pour peu qu’on remonte le temps, nous les retrouverions. Ce serait comme un livre dont on feuilletterait les pages pour revenir en arrière ou peut-être même au début ». Jules Moreau se... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

« Les enfants frapperont-ils encore ? » de Laure Catherine

« Il était neuf heures quand il le reposa. Il survolait plus qu’il ne lisait avec attention. Les mots dansaient. Mais une phrase l’avait happé. ‘’Les enfants frapperont-ils encore ?’’ se demandait le livre à la dernière page. C’est-à-dire, nos terroristes en culottes courtes feront-ils un nouveau carnage, après avoir éliminé leurs parents trop gentils et rejoint la clandestinité tel un mini Action directe ? Hier encore, cette phrase aurait suscité chez Arthur ses habituelles réflexions sur ses velléités... [Lire la suite]
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31 août 2018

« La guérilla des animaux » de Camille Brunel

« Vous pensez savoir ce qui se passera si vous commencez à vous en prendre aux civils, mais le monde a changé depuis vingt-cinq ans, de même que la quantité de cynisme dans l’air ambiant. La vie humaine impressionne moins. Nous serons bientôt dix milliards d’humains tandis que les tigres ne seront plus que deux mille. Quelle vie aura le plus de valeur selon vous ? Croyez-moi, des milliards de gens seront bientôt prêts à vous pardonner quelques exécutions collatérales, si c’est au nom des animaux ». Je vous préviens... [Lire la suite]
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28 août 2018

« La somme de nos folies » de Shih-Li Kow

« De temps à autre, je prends sa main entre mes huit doigts. Parfois, elle la retire. D’autres fois, elle me regarde sans me voir. Il m’arrive alors de percevoir sur son visage un voile que je préférerais ne pas reconnaître. Cela m’affecte parfois, mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Ainsi va la vie. Je voudrais dire à ceux qui passent, à qui voudra bien m’écouter, que les leçons viennent de la vie et non des histoires. Malheureusement, ce sera en vain, les paroles balayées par le souffle de ceux qui tiennent à faire... [Lire la suite]
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25 août 2018

« Le paradoxe d’Anderson » de Pascal Manoukian

« Staline avait raison. Les ouvriers s’enchaînent à leurs patrons. Ils se battent entre eux pour se faire passer les menottes, se laissent ligoter par les valeurs de l’entreprise, l’esprit d’équipe et plein d’autres conneries du même genre. Elle s’est fait embobiner, un comble pour une tricoteuse, elle a laissé filer sa vie, en répétant les mêmes gestes pendant cinq mille cent soixante-dix jours, soudée à sa machine, sans rien apprendre d’autre que ce pour quoi ils l’ont programmée, et maintenant qu’on la libère... [Lire la suite]
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23 août 2018

« K.O. » d’Hector Mathis

« Il était normal à une époque sans génie qu’on ne fasse que constater celui des siècles passés. Elle était si pauvre, notre époque. Elle mettait en relief toutes les autres ». Un style, une langue, une musicalité, une façon de raconter une histoire et une réalité. C’est en résumé ce qui attend le lecteur en ouvrant le premier roman d’Hector Mathis. Roman de fulgurance, brutal tout en étant poétique. J’ai eu l’impression qu’il a été écrit d’une traite comme ma lecture, animé par un sentiment d’urgence, de rage peut-être. Une... [Lire la suite]
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