13 mai 2019

« Ce qui est monstrueux est normal » de Céline Lapertot

    « Plus tard, elle exploitera les failles et les forces de ce silence dans un roman. Ce qui ne se dit pas s’exprime autrement ; au moyen d’un stylo ou d’un clavier d’ordinateur, du chant, de la danse, de la peinture, du théâtre, du cinéma. Mais il n’y a rien de plus ridicule, rien de plus inefficace et dépassé, que le fait de s’installer en face de quelqu’un pour lui demander de parler ouvertement de ses plaies ». La petite fille que tu étais aurait pu être enfermée à vie dans une enfance désastreuse.... [Lire la suite]
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06 mai 2019

« Un matin d’hiver » de Philippe Vilain

« L’absence n’est ni la mort, ni tout à fait l’espoir mais cette torture du temps, son inquiétude et son vertige, qui fait espérer des choses auxquelles on fait semblant de croire ; l’absence, c’est attendre sans pouvoir ni faire le deuil, c’est vivre avec un sentiment d’inachevé ». Quand le disparu est bien trop présent. Philippe Vilain explore roman après roman l’amour, ces moments qui jalonnent l’existence de deux êtres qui s’unissent l'un à l'autre pour un temps ou pour toujours. C’est parce qu’il est un... [Lire la suite]
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03 avril 2019

« Le lambeau » de Philippe Lançon

« … écrire est la meilleure manière de sortir de soi-même, quand bien même ne parlerait-on de rien d’autre ». J’ai enfin pris le temps de lire Le lambeau malgré mes réticences de départ. Les critiques l’ont souvent qualifié d’œuvre majeure et, de fait, il a reçu des prix prestigieux. Il ne m’appartient pas de juger ce qualificatif que je trouve difficile à attribuer à un ouvrage sans un recul nécessaire. Je suis en revanche capable de vous dire que c’est un récit où l’auteur fait œuvre en s’utilisant comme... [Lire la suite]
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25 janvier 2019

« Mon sang à l’étude » de Joachim Schnerf

« Parce qu’il le faut ; je m’appelle Samuel. J’ai vingt-six ans, aucun trait. J’avancerai d’un pas ferme et la brise caressera mon crâne. Je connais déjà le chemin par cœur, c’était il y a cinq jours. L’aiguille a pénétré mon bras, lentement, d’une absurde délicatesse. La peau se plisse jusqu’à la défloraison. Et l’on accepte sans se plaindre. La pénétration est glaciale et enfin tout se relâche, la vie gicle. Les tubes se remplissent un à un ». Samuel a vingt-six ans, la vie devant lui mais une épée de Damoclès... [Lire la suite]
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20 janvier 2019

« Le discours » de Fabrice Caro

« Je suis en train de manger du gigot et du gratin dauphinois alors que le fruit de mon tourment est ailleurs et qu’une fourchette menace à tout moment de grincer dans l’assiette et la discussion ne porte même pas sur l’amour, ou la poésie, ou le sens de la vie, non, on parle de chauffage au sol, de vacances en Sardaigne, de Jean-François, le fils du voisin, qui a fait construire, tu entends ça Adrien, il a fait CONSTRUIRE. Pour ma mère, le monde se divise en trois catégories : ceux qui ont le cancer, ceux qui font... [Lire la suite]
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18 décembre 2018

« Deux heures » de Sylvia Rozelier

« Tu ne t’es jamais sentie comme elles, les autres femmes, les autres mères qui parlent de leur amour. Cette chose qu’elles mettent en mots et qui te laisse toujours comme une impression confuse de malaise, d’imposture. Sentiment qu’accompagnent tant de superlatifs et qui t’a toujours paru polymorphe et évolutif, avant tout personnel. Une découverte de chaque instant, rien moins qu’une évidence donnée pure et belle. Lorsqu’elles en parlent les femmes, les mères, tu te sens exclue de cette poussée de sève, de vie,... [Lire la suite]
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21 novembre 2018

« Courir après les ombres » de Sigolène Vinson

« Mariam s’assied en tailleur entre deux Afghans qu’elle pousse du coude. Elle regarde Louise verser de l’huile dans une poêle qu’elle a sortie de dessous le tuyau. Après avoir vu le moteur du Berge Stahl, plus rien ne peut la surprendre. Quand Louise lui tend son assiette, elle remarque enfin les yeux de la Française, la cicatrice dedans. Pas le reflet d’une vie de misère à pêcher la bonite ou le barracuda en mer d’Oman, quelque chose de plus sordide, à la limite de l’obscénité dans un monde qui crève la dalle : la... [Lire la suite]
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18 août 2018

« Elle voulait juste marcher tout droit » de Sarah Barukh

« La vie n'est pas décevante tu sais, c'est l'écart entre ce que nous projetons et la réalité qui est intolérable ». Alice a 5 ans et vit avec sa nourrice Jeanne à la campagne. Elle mène une vie plutôt insouciante, faite de petits conflits d’enfants. Cependant, ne pas connaître sa maman la travaille. Et pourquoi Jeanne est troublée quand les Allemands la questionnent un peu trop ? À toutes ces questions, elle n’obtient jamais de réponses car elle est considérée comme trop petite pour comprendre. Elle s'agace... [Lire la suite]
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09 août 2018

« Les cosmonautes ne font que passer » d’Elitza Gueorguieva

« Sur le chemin du retour, le soupir de ton grand-père communiste nostalgique continue de résonner dans tes oreilles comme un souffle qui remue les sapins du film soviétique ou comme les vagues de la mer Rouge en pleine tempête. Tu as envie d’accomplir son rêve, à sa place, malgré le retard, bien que tu n’aies aucune idée de comment t’y prendre. Tu lèves le regard – ta balade pensive t’a menée sur le terrain de jeux derrière ton immeuble, droit devant la fusée en métal rouillé. Tu lui tournes autour, plusieurs dizaines de fois,... [Lire la suite]
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06 août 2018

« Juliette de Saint-Tropez » de Valentin Spitz

« D’elle on m’a tout dit. Qu’elle était nymphomane, folle, égoïste. Qu’elle avait eu mille amants. Qu’elle avait dirigé des entreprises. Qu’elle avait été extraordinaire. Qu’elle avait été monstrueuse. Qu’elle les avait écrasés. Qu’elle les avait sauvés. Qu’elle avait été la plus belle femme du monde. Qu’elle avait eu Paris et les hommes à ses pieds. Les femmes aussi. Qu’elle avait eu des chiens et des grosses voitures. Qu’elle s’était appelée Nicole. Puis Juliette. Qu’elle avait fait le tour du monde. Qu’elle avait préféré son... [Lire la suite]
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