11 juillet 2017

« Arrête avec tes mensonges » de Philippe Besson

« La question s’est imposée d’elle-même : pourquoi moi ? Les images se bousculent : les lunettes du myope, le pull jacquard informe, l’élève tête à claques, les trop bonnes notes, les gestes de fille. La question se justifie. Il dit : parce que tu n’es pas du tout comme les autres, parce qu’on ne voit que toi sans que tu t’en rendes comptes. Il ajoute cette phrase, pour moi inoubliable : parce que tu partiras et que nous resterons ». Arrête avec tes mensonges était la phrase que la mère de... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 21:34 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

09 juillet 2017

« Je ne sais pas dire je t’aime » de Nicolas Robin

« C'est une célibataire parmi des millions, mais les millions ont parfois du mal à se rencontrer. Ils ne s'entrechoquent pas à Monoprix devant le rayon des surgelés ». « La tête haute, elle s’observe dans le miroir sous le néon. Ce n’est guère flatteur. Le cheveu terne, la paupière qui tombe un peu, les seins petits. Rien de glamour, d’hollywoodien. Mais si elle prend du recul, comme le lui a dit sa psy, elle voit bien que ce pourrait être pire. Elle pourrait être une chanteuse de karaoké aux cheveux gras et à la... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 15:48 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
04 juillet 2017

« Père inconnu » de Patrick Denys

Premier roman « Personne ne m’a appris à dire papa. Je n’ai jamais prononcé ce mot en regardant qui que ce soir, sauf une fois, c’était par erreur. Je crois pourtant avoir ressenti très tôt le désir de quelque chose que je ne saurais décrire, un besoin de lien sans doute, par des bribes de mots, du toucher, des embrassements, de l’odeur peut-être. J’ai lu quelque part le récit d’une découverte étrange : faute de la présence de leur mère, des oisillons s’étaient attachés aux bottes de leur expérimentateur. Moi, je crois... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 23:58 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
13 juin 2017

« La renverse » d’Olivier Adam

« Mais tu vois, tout le monde jouait un rôle, tout le monde maintenant l’illusion : derrière la façade tout était plus compliqué. Et pas seulement entre mes parents. Ça l’a était aussi pour moi. Et mon frère et ma sœur. Nous sommes les enfants d’une génération seulement préoccupée d’elle-même, tu sais. Toi, Laëtitia, moi, nous sommes le fruit du même monde. Ça a pris des tournures différentes mais tout est viscéralement pourri, vicié, fondé sur le faux-semblant et un égocentrisme maladif. Nous n’avons jamais compté. On ne... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 09:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
11 juin 2017

« Entre ciel et Lou » de Lorraine Fouchet

« Le courrier que tu reçois s’entasse dans l’entrée, je ne me résous pas à le jeter. On te propose des abonnements à des journaux, une aide auditive, une convention obsèques. Tu as gagné un voyage, un four à micro-ondes et une tablette numérique, tu aurais dû rester. Ta veste est accrochée au portemanteau, tes bottes aux dessins psychédéliques sont dans l’entrée avec les nôtres. Tu t’approvisionnais chez les commerçants sans faire de jaloux, avec équité, tu achetais ton pain chez les deux boulangers, tes livres aux trois... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
08 juin 2017

« Croire au merveilleux » de Christophe Ono-dit-Biot

« Les fictions brandies comme des vérités, les vérités comme fictions. Le temps des grands débats : était-ce l’islam qui se radicalisait ou la radicalisation qui s’islamisait ? Le peuple contre les élites, et finalement toujours le dindon de la force. […] Le plus grand historien de l’Antiquité [Thucydide] avait montré que l’âge d’or de la Grèce lui avait aussi apporté deux guerres terribles : une guerre contre un ennemi commun, les Perses, suivie d’une guerre entre les Grecs eux-mêmes. […] Tout continuait. Un... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 09:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

05 juin 2017

« Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » de Virginie Grimaldi

« Il y a dix ans, nous avions moins de rides, pas d’enfant, plus de légèreté. Nous avions la tête pleine de projets et l’attitude pleine de certitudes. Les projets ont été réalisés, les certitudes ont vacillé. On devrait nous prévenir que devenir adulte donne la gueule de bois ». J’ai découvert Virginie Grimaldi l’été dernier lors du salon Saint-Maur en poche. Conseillée par une amie (qui se reconnaîtra), j’avais acheté en poche son tout premier roman. J’avais passé un excellent moment. Si je n’ai pas eu le temps ensuite de... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 12:53 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
22 mai 2017

« La tresse » de Laëtitia Colombani

Coup de coeur Smita : « Elle aurait préféré naître sous la forme d'une vache, ainsi elle aurait été respectée. » Giulia : « Giulia ne manquerait de rien, assurément. De rien sauf de l'essentiel, répond-elle. Elle refuse de se soumettre, de s'enfermer dans une cage aux barreaux bien lustrés. Elle ne veut pas d'une vie des convenances et d'apparences. » Sarah : « Sarah le sait maintenant: elle est stigmatisée. Dans cette société qui prône la jeunesse et la vitalité, elle comprend que les... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 14:16 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
21 mai 2017

« Looping » d’Alexia Stresi

« Bruno se souviendrait toute sa vie de ce vol, sa femme, et quelle femme, endormie derrière lui, le désert tranquille sous l'avion, les loupiotes au loin qui le dirigeaient. S'il n'avait eu peur de la réveiller ou qu'elle ne se fasse mal, de bonheur il aurait volontiers fait un looping. Même deux. » Qui donnerait cher de l’avenir d’une petite fille née dans une ferme pauvre d’Italie en 1909, d’un père absent au départ et d’une mère illettrée ? Et pourtant, pour son premier roman, Alexia Stresi offre aux lecteurs... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 08:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
16 mai 2017

« Écoute-moi bien » de Nathalie Rykiel

« Tu le savais très bien que tu ne devais plus sortir, saluer, comme si la collection tu l’avais créée, mais jamais tu n’aurais renoncé, plutôt crever. Et personne bien sûr n’aurait osé te le dire… Personne ne t’arrêtait jamais, déjà enfant avec ta mère, tu as toujours fait ce que tu voulais. Alors je te l’ai dit, je suis venue te voir, un peu comme si je venais t’assassiner, ton bourreau de fille matricide – c’est comme ça que je me sentais – je suis venue t’enlever un des trucs qui te faisaient le plus plaisir au monde et... [Lire la suite]
Posté par Lepetitmouton à 10:04 - - Commentaires [1] - Permalien [#]