15 mai 2019

« Matador Yankee » de Jean-Baptiste Maudet

« Harper était naïf et assez réservé avec les femmes mais il n’avait pas eu besoin de tout ce cirque pour remarquer combien Magdalena était belle. Il s’en était rendu compte la nuit même où elle s’était promenée au bras d’Antonio, dans sa toge antique idéalement plissée. Cependant, l’observer de si près et la connaître si peu le troublait bien davantage que ce à quoi il s’attendait. Ce devait être ça avoir envie de faire l’amour en temps de guerre ». Un homme débarque d’un bus dans le village d’Hermosillo. Il s’appelle John... [Lire la suite]
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07 mai 2019

« L’Albatros » de Nicolas Houguet

« J’aimerais pouvoir aimer sans ressentir l’envie d’écrire. En oubliant les mots, on peut réellement vivre. L’écriture raconte une fuite et comble une absence. C’est nécessairement malheureux. Parce que la nuit appartient à ceux qui s’aiment. Pas à ceux qui se l’écrivent ». Comment ?! Tu n’as pas encore lu L’Albatros ?! C’est en substance ce que j’ai entendu pendant quelques semaines. Dès sa parution, j’ai vu fleurir de nombreuses chroniques sur les réseaux sociaux. J’étais contente pour Nicolas mais j’ai... [Lire la suite]
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02 mai 2019

« Une folie passagère » de Nicolas Robin

« Demain, ma tête sera affichée dans les journaux à la page des faits divers, l’œil boursouflé et vide d’expression, comme ces femmes qui ont foutu leur vie en l’air ». La vie en l’air, Bérangère a l’habitude. Elle a quarante ans, vingt ans de métier. C’est une hôtesse de l’air bien comme il faut, professionnelle jusqu’au bout du chignon. Bérangère est pourtant à un tournant de sa vie. Elle n’a pas de mec, sa mère est une calamité. Elle a l’habitude de composer avec les malotrus, les pervers, les casse-bonbons aussi... [Lire la suite]
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26 avril 2019

« Boys » de Pierre Théobald

« J'ai aimé nos instants minuscules, nos instants de rien, ce que l'on croit être l'ennui, le quotidien, mais qui n'est autre que la manifestation sincère de l'amour, son expression nue et désintéressée. L'amour n'existe que là, dans ces intervalles dépourvus de consistance ». Les garçons ne pleurent pas, dit une célèbre chanson. Et pourtant, les Hommes sont dotés de cœur parfois en faïence, de cœurs lourds comme autant de chagrins. Pierre Théobald livre dans Boys des instantanés de vies de plusieurs hommes dont les... [Lire la suite]
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24 avril 2019

« Manifesto » de Léonor de Récondo

« Je pense à eux, ils sont soudains dans mon dos. Nous sommes quatre près de toi, côté droit, tes enfants. Mes deux frères, ma sœur et moi. Un court instant, je pense que tu vas les rejoindre ainsi que tes parents et ton frère, mais je n’y crois pas. On meurt, c’est tout, et on agrandit l’âme de ceux qui nous aiment. On la dilate. La mienne va bientôt exploser ». Léonor de Récondo renoue avec l’autobiographie après Rêves oubliés. Le récit se fait davantage intime puisqu’elle y raconte les derniers instants de son père,... [Lire la suite]
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13 avril 2019

« La mer monte » d’Aude Le Corff

Après près de quatre années d’absence, Aude Le Corff a le courage de revenir sur la scène littéraire avec un roman d’anticipation qui tranche avec ses précédents (même si, nous le verrons, nous ne pouvons pas le réduire à ce qualificatif). C’est osé, c’est à double tranchant mais la littérature ne sert-elle pas à prendre des risques ?  Nous sommes en partie en 2042, une date à la fois si loin et si proche de nous. Le monde a enfin pris conscience du dérèglement climatique. Des mesures drastiques sont prises pour en... [Lire la suite]
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09 avril 2019

« L’appartement du dessous » de Florence Herrlemann

« Le passé a pris la place du présent. Je vis une éclipse intérieure. Je regarde mes mains fanées, déformées par l’arthrose, tachées, ridées, sèches. Vieilles mes mains, si vieilles, usées. Pourtant, en même temps, j’ai l’étrange impression d’être encore cette très jeune fille, pleine de vie, de joie, de fougue. Une fraîcheur juvénile déboule au galop au fil des lignes que j’écris, bouillonne en moi comme l’eau vive d’une cascade. J’ai réveillé cette enfant, je l’ai sortie des limbes, et depuis, enragées, elle frappe et cogne... [Lire la suite]
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05 avril 2019

« Un jardin en Australie » de Sylvie Tanette

« Elle ne le sait pas mais le quartier d’Hamilton Creek est un endroit particulier. Il y avait une source, avant, et les aborigènes lui prêtaient des pouvoirs magiques. Hamilton Creek portait alors un autre nom. Il signifiait ‘’le lieu d’où les morts ne partent pas’’. En effet d’ici les morts ne partent pas toujours. Certains restent pour veiller sur les vivants, et parfois leur viennent en aide ». Une jeune française, Valérie, s’installe avec son mari et sa petite fille de trois ans, Elena, dans les Territoires du Nord... [Lire la suite]
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31 mars 2019

« La saison des ouragans » de Fernanda Melchor

« La vérité, la vérité vraie, c’est qu’il n’a rien vu, sur la tête de sa mère – qu’elle repose en paix –, sur ce qu’il y a de plus sacré à ses yeux, il n’a rien vu ; il ne sait même pas ce que ces salauds lui ont fait, comment aurait-il pu descendre du pick-up sans sa béquille, en plus le gamin lui avait dit de rester au volant, de ne pas couper le moteur et de ne pas bouger, que c’était une question de minutes […] il n’a pas osé regarder dans le rétroviseur, il a eu peur. Car tout à coup le ciel est devenu tout noir, il... [Lire la suite]
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23 mars 2019

« Un homme à sa fenêtre » de David Thomas

« Lors de ces quelques secondes on ne peut mentir à personne, on est là dans le noyau, l’atome de ce que l’on est, on ne peut pas contrôler ça, comme lorsque l’on éternue ou que l’on chute. S’expose alors la plus pure révélation à soi. C’est uniquement ce visage-là qui m’intéresse chez les autres. J’aimerais avoir accès à ce visage-là. Parce qu’on n’est jamais autant soi-même qu’avec le visage que l’on prend quand on jouit ». J’ai découvert David Thomas l’été dernier avec son recueil de microfictions Le poids du monde... [Lire la suite]
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