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C’est ce titre, superbe, qui a attiré mon attention. Puis, le sous-titre a ajouté une couche. Je me suis donc lancée dans la lecture de cette anthologie de poèmes féministes écrits entre 1969 et aujourd’hui par des poétesses américaines. Tous les poèmes sont en version bilingue et je salue cette idée même si je suis une buse en anglais. Nous y trouvons ainsi Audre Lorde, Jan Clansen, Adrienne Rich, Dorothy Allison, Irena Klepfisz…

Cette anthologie est précédée d’un essai écrit par Jan Clansen en 1982 expliquant la place de la poésie dans le féminisme américain. En effet, de nombreuses essayistes et activistes féministes américaines sont aussi des poétesses. Pourquoi ce lien entre poésie et féminisme aux États-Unis alors qu’en France, les féministes se sont tournées vers le roman ?

La poésie, perçue habituellement comme intimidante, a permis aux femmes d’exprimer leurs pensées, leurs convictions tout en les calant dans leur quotidien chargé. Ce mode d’expression passe également plus facilement dans des périodiques ou dans l’auto-édition.

« La poésie est apparue comme l’opportunité la plus évidente pour rendre compte directement de l’expérience des femmes ». Aux États-Unis, la poésie a ainsi été l’arme pour exprimer non seulement un mais plusieurs féminismes. Très rapidement, elle a été l’étendard des femmes noires, des femmes hispaniques, des femmes mariées, des femmes célibataires, des femmes lesbiennes, des femmes handicapées, des femmes chrétiennes, des femmes juives, des mères de famille, des femmes qui cochaient plusieurs cases dans cette liste.

Un bien bel ouvrage qui appartient à la collection « Sorcières » des éditions Cambourakis. Traduit de l’anglais pat Oliv Zuretti, Meghan McNealy, Charlotte Blanchard, Gerty Dambury, Collectif Cases rebelles.

Je transporte des explosifs on les appelle des mots. Poésie et féminismes aux États-Unis – Cambourakis – 225p