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« Tu t’es arrêté de parler et seul le silence t’a répondu. Mais ces mots, ces milliers, ces millions de mots qui se sont arrêtés dans ta gorge, les mots sans suite, les cris de joie, les mots d’amour, les rires idiots, quand donc les retrouveras-tu ? »

Un matin, un jeune étudiant décide de ne pas se lever pour passer un examen. Commence alors une vie faite d’abandon, de solitude, de lassitude, de torpeur. Une existence où le goût de la vie semble avoir disparu d’un coup. Une vie détachée de tout sentiment, de toute contingence matérielle.

Son quotidien se résume à lire, écouter son voisin, faire tremper ses chaussettes dans une bassine rose, errer dans la rue. Le minimum.

Georges Perec détaille cette vie monotone à la deuxième personne du singulier, en courts paragraphes qui s’enchaînent sans forcément de liens les uns avec les autres hormis cette dissolution du jeune homme dans un état dont on peine à savoir s’il s’agit d’une dépression, d’un début de folie ou d’un nouvel art de vivre qui s’oppose à ce que notre monde nous impose.

Une lecture qui nous laisse avec des sentiments contradictoires et nous montre le talent de Georges Perec dans l’écriture du sentiment de vide, du mal-être.

Georges Perec – Un homme qui dort – Folio – 150p