IMG-7367

 

« Et de même qu’il faudra, dans ce même mythe, que Cronos déchire la surface du ciel pour rendre la vie possible, de même je suis forcé de déchirer la surface de la pensée pour que coule sur la page l’encre nécessaire à son inscription ».

En dix promenades littéraires, Tanguy Viel livre ses réflexions, ses manies, ses doutes, ses obsessions sur l’écriture et la littérature. L’art de la mélancolie, le démon de la citation, la défense du négatif.  Il nous conte aussi ses lectures et auteurs : une visite chez Montaigne, une rencontre imaginée avec Virginia Woolf mais aussi Dante, Julien Gracq ou encore Marcel Proust.

Icebergs est un livre éminemment poétique, élégant et exigeant. Pour autant, même s’il peut écraser par son érudition, il n’est pas excluant. On suit parfaitement le cheminement des pensées vagabondes de l’auteur avec un plaisir certain. Il ne faut pas hésiter à le lire par petites touches, à le laisser, à le reprendre, à le relire.

Tanguy Viel invite aussi à se forger sa bibliothèque, à réfléchir sur quelles fondations on souhaite bâtir sa maison littéraire. Il y a les livres qui partent et ceux qui restent, ancrés en nous, à vie : « Cela, c’est vrai, et c’est tout à fait merveilleux d’imaginer qu’une simple bibliothèque, constituée par un seul homme, puisse être à elle seule une œuvre, pourtant écrite avec l’encre des autres… ».

« Les vrais livres ont quelque chose de marin » dit l’auteur et nul doute que celui-ci a été conçu pour tenir la mer, pour nous faire voguer. Un grand livre qui invite à réfléchir. Un livre qui élève.

Tanguy Viel – Icebergs – Les éditions de Minuit – 125p