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« Je pense à mon bébé qui dort dans la chambre à côté. Ou qui ne dort peut-être pas. Peut-être qu’il est dans le jardin et qu’il danse avec les elfes et les gobelins. Nous partons du principe qu’il dort comme un enfant normal, mais ce n’est pas un enfant normal, c’est Lanny Greentree, notre petit mystère ».

Un petit village anglais tranquille. Du moins en apparence car le Père Lathrée Morte, sorte de créature légendaire, d’esprit sacré de la nature, entend tout ce qui se dit au village. Et la réalité est bien loin d’être belle. Commérages, pensées honteuses, jugements hâtifs, réflexions, tout passe sous le radar du Père Lathrée Morte.

Dans ce village vit Lanny, petit garçon qui semble différent, à part des autres. Lui croit aux légendes du village. Lui a une sensibilité qui est en contradiction avec les autres villageois. Ses propres parents, Jolie et Robert, s’inquiètent pour lui, s’interrogent sur son comportement. Seul Pete semble parfaitement à l’aise avec lui. Ce vieil homme, artiste, est de toute façon vu lui aussi comme un dingue par les villageois. Avec Pete, Lanny apprend à cultiver sa différence, à être créatif.

Et puis, un jour, Lanny disparait. L’histoire tourne au polar avec un père Lathrée Morte qui restitue l’ambiance nauséeuse du village pendant l’enquête. Quand l’être humain cède à ses plus bas instincts ou cherche à se faire pardonner.

Il faut passer outre l’organisation particulière du roman – qui personnellement me plaît – pour se laisser porter par cette histoire où les personnages, dans leurs fêlures, sont attachants. Un roman qui fait la part belle à l’enfance, aux rêves, au pouvoir de l’imagination face à notre quotidien banal, à notre morale douteuse, à nos jugements à l’emporte-pièce.

Max Porter – Lanny – Seuil – 235p (traduction de Charles Recoursé).