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« L’absence n’est ni la mort, ni tout à fait l’espoir mais cette torture du temps, son inquiétude et son vertige, qui fait espérer des choses auxquelles on fait semblant de croire ; l’absence, c’est attendre sans pouvoir ni faire le deuil, c’est vivre avec un sentiment d’inachevé ».

Quand le disparu est bien trop présent.

Philippe Vilain explore roman après roman l’amour, ces moments qui jalonnent l’existence de deux êtres qui s’unissent l'un à l'autre pour un temps ou pour toujours.

C’est parce qu’il est un romancier de l’amour qu’il reçoit la confidence d’une femme lors d’un séminaire universitaire. Avec son accord, il s’attèle à écrire le « roman vrai » de son histoire d’amour avec uniquement un « travail de recomposition » et « d’ensecrètement ».

Elle a trente ans quand elle rencontre Dan Peeters à la fac du Jussieu où elle enseigne tout comme lui. Alors qu’elle n’avait jamais été vraiment amoureuse auparavant, alors qu’ils sont assez différents l’un et l’autre, Cupidon fait son œuvre. La relation naît, se développe. Ils s’installent ensemble, ont une fille Mary et se marient. La suite logique d’une relation heureuse même si le désir finit par s’émousser au bout de quelques années.

Pour ses recherches universitaires, Dan prend un avion pour Atlanta. Il disparaît sans laisser de traces. Commence alors l’incompréhension. Le doute s'installe. A-t-il été tué ? A-t-il décidé de refaire sa vie à zéro ? Est-il ce que les Japonais appellent un évaporé ? La honte envahit la jeune femme qui cache cette disparition aux proches hormis les parents. Que dire à Mary ? Elle se lance à sa recherche mais échoue.

« Ces années ne sont pas tristes, elles ne sont pas là » résume-t-elle.

Et puis vient le temps où elle se demande si elle peut sortir de son hiver pour goûter aux joies du printemps et de l’été amoureux, sans réticences et sans un sentiment de trahison.

Un roman délicat qui expose les sentiments avec lucidité mais aussi avec finesse.

Philippe Vilain – Un matin d’hiver – Grasset – 140p