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« Mon doigt qui te montre la lune. Pour la première fois. Tu vois mon doigt. Tu vois la lune. Tu ne regardes pas mon doigt. Tu ne regardes pas exactement la lune. Tu regardes plus loin que la lune. La lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit. Je voudrais te dire, vivre c’est ça. C’est montrer la lune à quelqu’un. Et partager en silence ce qu’il y a derrière. Partager la lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit ».

C’est toujours avec un grand plaisir que je lis à chaque parution les écrits de Thomas Vinau. J’ai de lui l’image d’un troubadour du 21e siècle.

Avec Comme un lundi, Thomas Vinau nous offre un magnifique recueil de textes courts, de poèmes en prose. Il raconte des instants, des sensations du quotidien. Il nous montre ce que nos yeux ont tendance à ne plus voir ou à ne plus s’attarder par le poids des obligations, par le poids d’une vie menée à cent à l’heure et qui laisse peu de temps à l’émerveillement.

Pourtant, nos vies ordinaires sont remplies de poésie. C’est à nous d’en faire de l’extraordinaire par le regard qu’on y pose. Prenons le temps de nous arrêter, d’observer la nature qui nous entoure, de regarder avec attention nos proches, de prêter l’oreille. Ne nous laissons pas dévorer par le quotidien, élevons-le en un art de vivre. Et lisons, lisons, encore et toujours Thomas Vinau et nos autres poètes qui égayent nos lundis et les autres jours de la semaine.

« Croiser ce matin, en poussant ferme la poussette sur le chemin glacé et étroit de la crèche, un petit binoclard grassouillet sur son vélo stylé me rappelant étrangement ce que j’étais, puis un vieillard cramponné à son déambulateur, aussi tremblant que la buée sortant de sa bouche, et se dire que voilà, décidément, une bien drôle d’affaire que cette vie où, le temps d’apprendre à viser pour ne presque plus pisser sur la cuvette, on est déjà devenu le fantôme de quelqu’un ».

Thomas Vinau – Comme un lundi – La fosse aux ours – 120p