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« Les enfants débordent d’une joie que tu as honte

de n’avoir pas su garder en toi comme on retient

par la manche un vieux monsieur qui s’en va ».

 

Les jours passent et souvent se ressemblent,

Ronde de lassitude à laquelle l’Homme se plie

De bon ou mal gré

Car toujours il a le secret espoir

D’une étincelle,

Vous savez,

Cette lueur qui chamboule votre quotidien,

lui redonne une consistance,

Un but,

Le sentiment d’être enfin là pour quelque chose ou quelqu’un.

Nous passons notre vie à courir après l’amour,

Nous nous évertuons à organiser des fêtes, à planifier des sorties,

À prendre des rendez-vous.

Nous bâtissons une vie à notre image,

Du moins nous le pensons.

On oublie que la beauté réside partout,

Dans le moindre souffle du vent,

Dans le soleil qui se reflète sur une montagne enneigée ou une mer d’huile.

On oublie que la beauté réside dans nos actes du quotidien,

D’une banalité et d’une grâce insoupçonnée.

Un homme veut vous offrir des frites,

Un amour vous éclabousse de son sourire,

Votre terre natale continue de vous éblouir.

Parfois, la perte des illusions :

Cette perte du merveilleux

Vient vous effrayer ;

Les ronces viennent vous griffer mais vous apportent

Un supplément d’âme,

Une capacité à se questionner,

À tirer le meilleur de soi, des autres, de la vie.

Avec ses poèmes du quotidien, des questionnements,

Des grandes et petites choses,

Cécile Coulon est définitivement inadaptée à la résignation,

Et bien que je ne crois pas en Dieu,

Il y a des jours,

Comme vous Cécile,

Que je bénis tel un nouveau-né sous la main levée

D’un homme d’église.

Ce recueil m’a apporté un souffle, une respiration

Dans mon quotidien qui déborde,

Il m’a permis aussi

D’écrire

Deux poèmes,

Et cette chronique inhabituelle et sans doute maladroite,

Mais malgré tout sincère.

Pour tout ce que cette lecture donne,

J’aimerais vous offrir des frites.

 

Cécile Coulon – Les ronces – Le castor astral – 165p