mareine

« Il faut voir les choses comme ça, a dit mon père en me montrant la belle photo de l’Alfa Romeo Giuletta au-dessus de son bureau : je suis un peu comme elle, mais avec un moteur de 2CV dedans. Il m’a demandé si j’avais compris, j’ai dit oui mais je n’étais pas sûr. Un type qui a une belle voiture comme une Alfa, qu’est-ce qu’il a besoin d’aller lui regarder le moteur ? Une voiture, si elle roule, je ne vois pas où est le problème surtout si elle est aussi rouge et aussi jolie ».

Il a douze ans et il s’appelle Shell. Ou plutôt il est surnommé Shell car il porte avec fierté le blouson de la marque. Shell vit dans la vallée de l’Asse en 1965, dans la station-service de ses parents. Shell est différent des autres, il le sait mais le vit bien. Il découvre la vie avec naïveté mais aussi avec des bêtises. Une cigarette fumée en cachette dans les C (WC mais le W est tombé de la porte) de la station, un début d’incendie. Il surprend une conversation téléphonique entre sa mère et sa sœur : il apprend qu’on veut le placer dans un institut. Mais Shell, lui, veut prouver qu’il est un homme. Pour cela, il décide de partir à la guerre. La fleur au fusil, il s’enfuit de chez lui. Rapidement, il se rend compte que ce n’est pas une bonne idée mais hors de question de revenir penaud chez lui. Il s’installe dans une vieille cabane sur un plateau non loin de la station. Il vit de rien. Heureusement pour lui, il reçoit de l’aide de Matti, un berger taiseux mais surtout, il rencontre Viviane. Viviane a son âge et est en vacances avec ses parents dans cette vallée. Elle est mystérieuse et attire fatalement le jeune garçon. À défaut d’être une fée, elle devient sa reine, celle qu’il suit aveuglement pour le meilleur… et le pire.

Jean-Baptiste Andrea nous livre un premier roman d’initiation très poétique et onirique. Le récit, à la première personne du singulier nous rend le personnage de Shell très touchant. L’écriture est plutôt belle et la fin, surprenante, est d’une grande logique. Malgré tous ces points positifs, il me reste un petit sentiment d’inachevé. Il me manque quelque chose, je ne sais pas trop quoi, une émotion en plus peut-être.

L’ensemble reste quand même très beau et l’auteur est à suivre de près.

Jean-Baptiste Andrea – Ma reine – L’Iconoclaste – 230p