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Coup de cœur – rentrée littéraire 2017

« Marie, je t'en supplie, ne joue pas le jeu des hommes.... Souviens-toi qu'ils deviennent des crapules quand les choses tournent mal... et que c'est nous qui paierons à la fin de la guerre. Seulement nous ».

Avril 1944. Marie-Angèle est infirmière au dispensaire de Casablanca. Un télégramme lui annonce le décès de sa sœur Mathilde. Elle se rend donc à Paris où elle découvre chez son employeur qu’elle avait accepté de s’occuper d’une petite fille, Marie. Marie-Angèle finit par recueillir cette enfant qu’elle espère pouvoir rendre à sa mère par la suite. Les circonstances font qu’elles se retrouvent envoyées dans l’est de la France, dans un village de la campagne rémoise. Marie-Angèle est censée s’occuper de l’infirmerie de ce village mais les patients ne viennent pas : elles sont livrées à elles-mêmes, avec la faim qui tort les ventres.

Malade, Marie-Angèle ne parvient plus à s’occuper de Marie. Cette dernière, très dégourdie et surtout dictée par la faim, fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir de la nourriture ou un travail. C’est sans compter sur la dureté et le manque de compassion des habitants, d’autant plus quand les villageois la voient « traîner » avec Toinette, la « pute » du village et son mari Matesson.

Plongée dans un monde et un conflit bien plus grands qu’elle, cette enfant-mouche va en découvrir toutes les facettes, des plus humaines aux plus sombres, avec le regard d’une enfant qui a dû grandir trop vite. Rien ne lui échappe, rien ne lui est épargné : les règlements de compte, les hostilités, l’occupation allemande, la résistance, la violence et la méchanceté. Elle est confrontée ainsi à de nombreuses désillusions mais aussi à de l’espoir dans un monde qui est très loin d’être manichéen.

L’enfant-mouche est un roman brillant, profondément humain, servi par une écriture limpide et une construction forte qui en font un page turner. Les personnages sont attachants notamment la petite Marie qu’on a envie d’aider, d’aimer, de serrer dans les bras. Ce roman est d’autant plus fort que l’on sait que l’histoire de Marie est inspirée de celle de la propre mère de l’auteur.

Une très très belle découverte en cette rentrée littéraire que je ne peux que vous conseiller !!!

Philippe Pollet-Villard – L’enfant-mouche – Flammarion – 420p