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« Cette insoumission, je crois qu’on la porte en son cœur ; elle n’est pas enseignée. De tous les membres de notre famille, de tous les gens de notre village, je suis le seul à avoir dit non. Mais c’est le plus important, le plus sacré de tous les devoirs d’un être humain : savoir refuser de faire quelque chose d’indigne, surtout si cela blesse un autre être dans sa chair, ainsi que dans son esprit. Et si on a eu la faiblesse de faillir tout de même – par peur de l’autorité, par crainte de représailles ou par simple désir de ne pas déplaire –, il faut cesser aussi vite que possible, plutôt que de se dire : ‘’Puisque j’ai commencé, autant continuer’’.  On peut toujours arrêter le processus ; on n’est pas prisonnier du mal ».

Dès 12 ans.

« On n’a pas deux cœurs, l’un pour l’homme, l’autre pour l’animal. On a du cœur ou on n’en a pas » disait Alphonse de Lamartine. Et c’est bien là l’enjeu de ce roman jeunesse. Peut-on accepter de faire à un éléphant ce que l’on ne ferait pas à un humain ?

Nous sommes en Inde dans les années 60. Kiet, 10 ans, part avec son père et des villageois en forêt. Ils ne viennent pas pour se promener mais pour capturer un jeune éléphant. En effet, Lamon, le père de Kiet est un mahout, un dresseur d’éléphants et il compte en avoir un pour son fils qui n’approuve pourtant pas cette idée. Armé d’un bullhook, Lamon doit procéder après la capture au Phajaan. Ce mot qui signifie « broyer » est une technique de soumission cruelle de l’animal. Il est ainsi cassé moralement par une série de sévices physiques et moraux pour qu’il soit complètement docile. Kiet est révolté mais peine à échapper à la pression sociale du groupe de chasseurs. Quand on est mahout de père en fils depuis plusieurs générations, comment échapper à ce rituel cruel, surtout quand on a dix ans ?

C’est le Kiet adulte, âgé de 2017 qui raconte cet épisode à la fois douloureux et déterminant dans sa vie et celle de son éléphant Sula.

Un bel hymne au règne animal, à l’amour sans distinction et un cruel révélateur de nos comportements barbares.

Il est à noter que l’éditeur Didier Jeunesse soutient EVI (Eco Volontaire International), une association qui intervient pour la protection des animaux sauvages et de l’environnement dans le monde.

Jean-François Chabas – La loi du Phajaan – Didier jeunesse – 128p