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« L’enfer est pavé de bonnes intentions ; semblablement les intentions les plus mesquines peuvent être à l’origine de joies sincères ».

« Pour instaurer son règne, la jalousie n’a aucun besoin d’un motif ».

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie » disait Alfred de Musset. Alors loin de moi l’idée de crier au génie en terminant ce nouveau Nothomb – j’ai lu d’ailleurs beaucoup de critiques bien trop enthousiastes – mais nous avons tout de même affaire à un cru très honorable. Là encore, contrairement à ce que j’ai pu lire, nous n’avons pas une nouvelle Amélie avec ce roman mais on retrouve l’Amélie que j’aime, celle de ses débuts. Celle qui explore l’âme humaine, décortique sa perversité et ses défauts. Le seul point qui différencie véritablement Amélie de ses débuts est une écriture épurée, sans fioritures… et ce n’est pas plus mal !

Toujours sous la forme d’un conte, Amélie explore le thème de la jalousie dans ce roman. Diane est le premier enfant de Marie. La relation mère-fille n’arrive pas à s’établir malgré les efforts de la fillette. Un frère naît par la suite. Il est mieux aimé par la mère : Diane en conclut que c’est parce que c’est un garçon. Cependant, sa théorie s’effondre comme un château de cartes quand naît le troisième enfant : une fille. Marie déborde d’amour pour ce dernier enfant au point d’en être étouffante. Diane, profondément blessée et voulant à tout prix se (re)construire, s’éloigne de cette mère mais finit par croiser le chemin d’une autre femme qui pourrait s’avérer être pire…

Je doute franchement que cet opus puisse permettre aux lecteurs appréciant peu Amélie de changer d’avis malgré des qualités évidentes, un retour aux sources, une écriture plus dépouillée. Je reste moi-même convaincue qu’Amélie Nothomb est bien meilleure quand elle parle d’elle-même et non quand elle fait des contes. Saluons cependant un récit qui brise un peu la spirale du sempiternel Nothomb à l’histoire qui se termine en queue de poisson dès que la page 100 est franchie. Là, nous avons une « belle » fin digne de la romancière et de son histoire.

Amélie Nothomb – Frappe-toi le cœur – Albin Michel – 180p

Du même auteur : 

" Pétronille " d'Amélie Nothomb

Mise à jour : 31/01/2016 Au moment où j'ai ouvert cet opus, je n'avais pas lu Amélie depuis . Lectrice attentive et impatiente pendant très longtemps, j'ai commencé à lâcher ses romans à partir d' , avec sa fin bâclée, m'avait déjà mis la puce à l'oreille : Amélie ne se renouvelle plus et semble vouloir terminer ses romans au plus vite, à chaque fois que la page 100 est dépassée.

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" Le crime du comte Neville " d'Amélie Nothomb - LES LECTURES DU MOUTON

" J'ai plus de tolérance pour le parricide et le matricide que pour l'infanticide " (p.22). Amélie Nothomb revient sur le devant de la scène, comme chaque année, avec un roman plutôt plaisant à lire et qui, pour une fois, a une vraie fin. Je dis cela sans ironie aucune.

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