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Les vacances débutent à peine pour les scolaires que c’est déjà la rentrée. Il n’y a que la littérature pour nous donner envie d’être mi-août et de clôturer l’été !

Comme à chaque rentrée, je vous fais un petit panorama des lectures que je souhaite faire. Bien évidemment, selon les rentrées, je respecte plus ou moins ces listes mais j’essaie en tout cas car les choix que je fais sont des choix de cœur ou du moins d’envie. Je vous fais donc le panorama de mes prochaines lectures en vous expliquant pourquoi je les choisis. Je vais essayer de mettre à jour régulièrement ce post avec les liens vers les chroniques.

Bon voyage dans le monde de la littérature !

Un funambule sur le sable de Gilles Marchand (Aux Forges de Vulcain)

un funambule sur le sable

 L’un des romans que j’attends le plus. Quand on tombe amoureuse d’un roman, un premier roman en plus, on ne peut que vouloir suivre le second de son auteur. Une bouche sans personne a été une telle claque que je ne peux que lire Un funambule sur le sable. Je suis persuadée d’y retrouver tout le sel qui fait de Gilles Marchand un grand auteur en devenir (si ce n’est pas déjà le cas…).

 C'est l'histoire de Stradi qui naît avec un violon dans le crâne. À l'école, il va souffrir à cause de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. À ces souffrances, il va opposer son optimisme invincible, héritage de ses parents. Et son violon s'avère être un atout qui lui permet de rêver et d'espérer. Roman de l'éducation, révérant la différence et le pouvoir de l'imagination.

 Le jour d’avant de Sorj Chalandon (Chez Grasset)

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 Sorj Chalandon est mon auteur contemporain fétiche. Je lui voue une admiration sans bornes. Le quatrième mur est probablement le roman contemporain qui m’a le plus touchée. J’aime sa sensibilité et son combat contre l’injustice… et sa lutte contre ses propres démons.

« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

 Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant (chez Héloïse d’Ormesson)

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 J’ai adoré La part des flammes. J’ai aimé la façon dont Gaëlle a su traiter ce fait divers en roman social, féministe puissant. Je ne peux que vouloir lire cet hommage à Robert Desnos et retrouver sa belle plume.

Pour raconter la vie de Robert Desnos, aussi héroïque qu’engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, écouté les battements de son cœur, suivi les séances de spiritisme. Elle s’est assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard, Man Ray, Picasso ou Garcia Lorca et a dansé des nuits entières au Bal nègre aux cotés de Kiki et de Jean-Louis Barrault.

Son investigation littéraire est fabuleuse, subtile et magistrale. Une traversée du xxe siècle, vivante et tumultueuse, dans les pas d’un héros dont on ne peut que tomber amoureux.

Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer1er roman (Chez les éditions de l’Observatoire)

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Ce premier roman m’a tapée dans l’œil dès que j’ai lu la quatrième de couverture. La rencontre avec l’auteur lors de la présentation de la rentrée littéraire des éditions de l’Observatoire et les critiques enthousiastes de quelques blogueurs de confiance l’ayant déjà lu n’ont fait qu’attiser cette curiosité. Et comme disait ce bon vieux Oscar Wilde, la meilleure façon de résister à la tentation est d’y céder…

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.

Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.

Elle aurait pu le sauver.

Elle s’appelle Magda Goebbels.

Le camp des autres de Thomas Vinau (chez Alma éditeur)

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 Parce que Thomas Vinau a une écriture sublime, parce que c’est un vrai poète qui sait embellir le moindre geste, le moindre sentiment. Parce qu’il rend tout plus beau quoi… je crois qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus, il faut le lire !

 Gaspard fuit dans la forêt avec son chien. Il a peur, il a froid, il a faim, il court, trébuche, se cache, il est blessé. Un homme le recueille. L’enfant s’en méfie : ce Jean-le-blanc, est-ce un sorcier, un contrebandier ?

En 1907, Georges Clemenceau crée les Brigades du Tigre pour en finir avec « ces hordes de pillards, de voleurs et même d’assassins, qui sont la terreur de nos campagnes ». Au mois de juin, la toute nouvelle police arrête une soixantaine de voleurs, bohémiens et déserteurs réunis sous la bannière d’un certain Capello qui terrorisait la population en se faisant appeler la Caravane à Pépère. C’est avec eux, que Gaspard, l’enfant insoumis, partira un matin sur les routes.

 Le livre que je ne voulais pas écrire d’Erwan Lahrer (chez Quidam éditeur)

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Parce que je n’ai pas envie de lire ce livre… comme j’ai refusé de lire tous les témoignages ou romans liés au Bataclan. Mais, je pressens quelque chose de différent, de fort et pudique. Du coup, je vais lire ce livre que je ne veux pas lire…

Je suis romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, j’espère, une langue. Pour dire et questionne le monde, l’humain.

Il m’est arrivé une mésaventure, devenue une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.

Point cardinal de Léonor de Récondo (chez Sabine Wespieser)

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J’ai tellement adoré Amours, ces beaux portraits de femmes amoureuses condamnées à leur condition que je ne peux que me jeter sur ce nouveau roman. Et parce que j’aime l’écriture de Léonor aussi.

Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille méticuleusement, tristement. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, volait quelques instants de joie et dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture et dissimulé dans le coffre la mallette contenant ses habits de fête. Il s’apprête à retrouver femme et enfants pour le dîner. Petit garçon, Laurent passait des heures enfermé dans la penderie de sa mère, détestait l’atmosphère virile et la puanteur des vestiaires après les matchs de foot. Puis il a grandi, a rencontré Solange au lycée, il y a vingt ans déjà. Leur complicité a été immédiate, ils se sont mariés, Thomas et Claire sont nés, ils se sont endettés pour acheter leur maison. Solange prenait les initiatives, Laurent les accueillait avec sérénité. Jusqu’à ce que surviennent d’insupportables douleurs, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus réfréner ses envies incontrôlables de toucher de la soie, et que la femme en lui se manifeste impérieusement. De tout cela, il n’a rien dit à Solange. Sa vie va basculer quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois chez eux. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il lui faut laisser exister la femme qu’il a toujours été. Et convaincre son entourage de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides, des mots simples et d’une poignante justesse, elle trace le difficile chemin d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

Sucre noir de Miguel Bonnefoy (chez Rivages)

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Son premier roman, Le voyage d’Octavio, était une bien belle réussite. Il y avait du surréalisme, une forme de communion avec la nature, une fin surprenante. Là encore, Miguel Bonnefoy semble vouloir nous plonger dans cette même ambiance et je suis du coup curieuse de voir si la magie va encore opérer.

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons.

 Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.  

Dans ce roman aux allures de conte philosophique, Miguel Bonnefoy réinvente la légende de l’un des plus célèbres corsaires pour nous raconter le destin d'hommes et de femmes guidés par la quête de l'amour et contrariés par les caprices de la fortune. Il nous livre aussi, dans une prose somptueuse inspirée du réalisme magique des écrivains sud-américains, le tableau émouvant et enchanteur d'un pays dont les richesses sont autant de mirages et de maléfices. 

Gabriële de Anne et Claire Berest (chez Stock)

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J’aime les histoires sur l’art, les artistes et je suis donc curieuse de découvrir ce roman, d’autant plus qu’il est écrit à quatre mains. Et puis, j’avais bien aimé le dernier roman que Claire, Bellevue.

Septembre 1908. Gabriële Buffet, femme de 27 ans, indépendante, musicienne, féministe avant l’heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès et à la réputation sulfureuse. Il avait besoin d’un renouveau dans son œuvre, elle est prête à briser les carcans : insuffler, faire réfléchir, théoriser. Elle devient « la femme au cerveau érotique » qui met tous les hommes à genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zürich, Barcelone, Étival et Saint-Tropez, Gabriële guide les précurseurs de l’art abstrait, des futuristes, des Dada, toujours à la pointe des avancées artistiques. Ce livre nous transporte au début d’un XXe siècle qui réinvente les codes de la beauté et de la société.

Anne et Claire Berest sont les arrière-petites-filles de Gabriële Buffet-Picabia.

La serpe de Philippe Jaenada (chez Julliard)

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Parce que c’est un auteur fantastique et que j’ai honte de ne pas avoir lu le dernier : La petite femelle. Oui parfois ça tient à peu de choses mais surtout au talent de l’auteur.

Un matin d'octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n'est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l'unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l'arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d'un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l'enquête abandonnée. Alors que l'opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s'exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d'Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d'Henri Girard, jusqu'à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu'à ce qu'un écrivain têtu et minutieux s'en mêle...
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu'Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l'inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu'il n'y paraît), il s'est plongé dans les archives, a reconstitué l'enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l'issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Les jouisseurs de Sigolène Vinson (Chez les éditions de l’Observatoire)

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Parce que c’est une auteure que je ne connais pas encore bien et beaucoup de personnes m’en disent justement que du bien. Donc…

Ils sont quatre : Olivier et Éléonore, Ole et Léonie. Tous jouisseurs.

Atteint du syndrome de la page blanche, Olivier dérobe un automate, l’Écrivain, pour composer le roman qu’il n’arrive pas à créer. Sa compagne, Éléonore, visiteuse médicale, dévore sa propre cargaison de psychotropes et, dans ses hallucinations fantasques, s’empare de l’Écrivain pour imaginer Ole et Léonie.

Dans le Maroc de Lyautey, à deux siècles de là, ces derniers traversent le désert à bord de leur caravane de débauche, instillant le vice et l’alcool à mesure des escales. Comme Olivier et Éléonore, les contrebandiers cherchent à tromper leur mélancolie.

Des glaciers suisses aux dunes marocaines, du XIXe au XXIe siècle, existe-t-il une jouissance assez puissante pour échapper à la brutalité de l’instant terrestre et accéder à la joie de vivre ?

Mais aussi à piocher…

- Zabor de Kamel Daoud, Actes Sud

- Bakhita de Véronique Olmi, Albin Michel

- La société des faux visages de Xavier Mauméjean, Alma

- Luwak de Pierre Derbé, Alma

- Nos vies de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel

- Dans le désert de Julien Blanc-Gras, Au Diable Vauvert

- Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pourchet, Finitude

- Nitro Mountain de Lee Clay Johnson, Fayard

- Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle, Flammarion

- Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable, Gallimard

- La salle de bal de Anna Hope, Gallimard

- La chambre des époux de Eric Reinhardt, Gallimard

- Un bruit de balançoire de Christian Bobin, L’Iconoclaste

- Je me promets d'éclatantes revanches de Valentine Goby, L’Iconoclaste

- Notre vie dans les forêts de Marie Darrieusecq, POL

- La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens, Stock

- Sa mère de Saphia Azzedine, Stock