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« Les fictions brandies comme des vérités, les vérités comme fictions. Le temps des grands débats : était-ce l’islam qui se radicalisait ou la radicalisation qui s’islamisait ? Le peuple contre les élites, et finalement toujours le dindon de la force. […]

Le plus grand historien de l’Antiquité [Thucydide] avait montré que l’âge d’or de la Grèce lui avait aussi apporté deux guerres terribles : une guerre contre un ennemi commun, les Perses, suivie d’une guerre entre les Grecs eux-mêmes. […]

Tout continuait. Un nouveau cycle de violences s’ouvrait. Même à l’heure du coltan et autres métaux rares, c’était toujours l’âge de fer ».

Avec Croire au merveilleux, Christophe Ono-Dit-Biot nous raconte la suite de son précédent ouvrage Plonger avec son double littéraire César. Cependant, n’ayant pas lu Plonger, je peux vous dire qu’on peut lire ce dernier opus sans aucun souci.

Cette lecture a été guidée par ses références à la culture antique (mon passé d’étudiante en histoire hellénistique a refait surface). Il est d’ailleurs dommage qu’on ne trouve plus suffisamment de romans contemporains évoquant les humanités. Christophe Ono-Dit-Biot leur rend un très bel hommage avec de très nombreuses références piochées aussi bien dans la Grèce antique que dans la Rome ancienne. Quel bonheur de trouver des citations écrites en grec ancien dans l’ouvrage ! Nous sommes ainsi embarqués dans un beau voyage dans les mots, nos racines et le tout avec de magnifiques paysages en Grèce, en Italie et même au Japon. Attention, n’y voyez aucune prétention, aucun snobisme ou aucune coquetterie à évoquer l’Antiquité car Christophe Ono-Dit-Biot sait très bien rattacher ces références à notre monde contemporain tourmenté.

C'est aussi un roman sur la douleur liée à la perte d’un être cher. César se retrouve seul avec son fils après la disparition de Paz et n’arrive plus à faire face. La rencontre inattendue avec Nana, une jeune Grecque, va lui permettre de trouver le chemin de la résilience. J’ai aussi apprécié les réflexions sur les relations père-fils et l’évocation d’un monde où le réel et le rêve n’ont plus vraiment de frontières.

Une ambiance onirique, un personnage attachant et un ancrage culturel solide : Christophe Ono-Dit-Biot a tout bon. Il ne me reste plus qu’à vous le recommander chaudement et à me « plonger » dans le précédent ouvrage…

 

Christophe Ono-Dit-Biot – Croire au merveilleux – Gallimard – 240p