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« Il y a dix ans, nous avions moins de rides, pas d’enfant, plus de légèreté. Nous avions la tête pleine de projets et l’attitude pleine de certitudes. Les projets ont été réalisés, les certitudes ont vacillé. On devrait nous prévenir que devenir adulte donne la gueule de bois ».

J’ai découvert Virginie Grimaldi l’été dernier lors du salon Saint-Maur en poche. Conseillée par une amie (qui se reconnaîtra), j’avais acheté en poche son tout premier roman. J’avais passé un excellent moment. Si je n’ai pas eu le temps ensuite de lire son second, j’ai été cependant assez impatiente de découvrir ce troisième opus. L’amie qui se reconnaîtra m’avait cependant prévenue : « je ne suis pas sûre que ce soit la bonne période pour le lire » (je ne peux vous dire pourquoi sinon je dévoile toute la fin de l’ouvrage et je n’ai pas envie d’étaler ma vie privée non plus). Bien entendu, comme je n’en fais qu’à ma tête, je l’ai lu. Si j’ai compris la réserve de mon amie, j’ai pourtant lu avec grand plaisir ce roman, non sans avoir pleurer un peu à la fin (et dieu sait que je n’ai pas la larme facile !).

Pauline est mariée depuis près de dix ans à Ben. Ils sont les parents d’un petit Jules de quatre ans. Du jour au lendemain, Ben lui annonce qu’il la quitte. Pauline ne comprend pas cette décision alors que pour Ben ce choix est une évidence. Elle plonge dans une dépression profonde au point de revivre chez ses parents avec son fils. Passée la stupeur et surtout poussée par son entourage qui ne comprend pas qu’elle se morfonde, elle se décide à reconquérir son mari. Pour ce faire, elle lui écrit chaque jour, pendant les vacances estivales, un souvenir de leur histoire d’amour. Ce que Pauline ne sait pas, c’est que Ben va lui aussi finir par lui répondre de la même manière et là on découvre avec émotion la grande blessure du couple, ce qui a tout fait basculer.

Après un prologue assez fort, j’ai eu un peu peur d’être perdue, voire lassée par le récit de cette Pauline. Même si l’écriture de Virginie est toujours aussi enjouée avec cet art de raconter des choses tristes avec des pointes d’humour, je me suis demandée à un moment où elle voulait nous emmener. Heureusement, le récit des vacances dans les Landes et la découverte de la famille de Pauline ont permis d’égayer cette première grosse partie où je commençais un peu à perdre patience face à l’héroïne. Et puis, paf ! Au moment où on s’y attendait le moins, Ben intervient avec ses propres lettres et là le roman bascule dans le drame. J’ai été scotchée par la révélation progressive du secret commun du couple et je n’ai pu lâcher le roman. Virginie Grimaldi a gagné en intensité d’écriture et parvient à nous faire passer du rire aux larmes en quelques secondes. Elle nous a livré ainsi un roman d’une très grande sensibilité… peut-être aussi parce que ce récit est le plus personnel qu’elle ait écrit.

Alors oui Virginie est une auteur feel-good, oui la couverture du roman respire les vacances mais attention, vous risquez d’en ressortir exsangue et le paquet de mouchoirs vide… mais ce serait dommage de s’en passer !

 

Virginie Grimaldi – Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie – Fayard – 465p