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« Thomas se souvenait de son père Aurèle qui le terrorisait, lorsque, à l'estive, il lui désignait avec insistance l'entrée des grottes où vivaient de grands ours meurtriers, quand ce n'était pas un abominable yéti des neiges capable d'emporter les enfants... Jean souriait, Pauline riait, Thomas ne savait plus où se réfugier, c'était finalement dans les bras de son père qu'il...
Pour mieux te tenir, c'était lui le carnassier, ce...

Qu'est-ce qui te prend ?

Non, rien.

Pourquoi tu parles comme ça de notre...

Laisse, je te dis. »

J’avoue au départ que j’étais réticente à commencer cet ouvrage qui souffre d’une mise en page un peu serrée, accentuée par des dialogues non différenciés du reste de la narration. Et pourtant, j’ai dévoré la première partie en peu de temps, happée par l’histoire de cette famille qui bascule dans le drame.

Thomas Texier est appelé en pleine nuit. Sa femme, Camille, a eu un grave accident de la route en Normandie, lieu où elle travaille en tant que cadre pour un opérateur téléphonique. Commencent les questions : Pourquoi était-elle sur la route en pleine nuit ? Pourquoi roulait-elle à une allure vive sur un itinéraire non cohérent ? Que dire à Elsa et Anton les enfants ? Thomas, malgré ses capacités d’analyse et ses compétences en informatique n’arrivera jamais à résoudre l’affaire. Au décès de Camille, Thomas va se rapprocher de son frère Jean, berger dans les Pyrénées puis de sa sœur Camille, partie faire de l’humanitaire en Afrique. Thomas apprend à revivre progressivement, à relativiser certains aspects de la vie mais découvre aussi des secrets familiaux terribles.

L’accident, les retrouvailles avec Jean puis avec Pauline composent les trois parties de ce roman très intéressant, qui se lit un peu comme un polar (surtout au début), mais qui est assez inégal. La première partie est portée par un souffle romanesque que la seconde partie perd beaucoup. J’ai dû attendre la troisième partie pour être à nouveau portée par le récit. Cependant, ce roman est une belle réussite. Il n’était pas facile de mener le lecteur sur différentes problématiques et dans différents lieux. Pourtant la tâche est accomplie haut la main. 

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Luc Lang – Au commencement du septième jour – Stock – 540p