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Arnaud Dudek, c’est une manière bien particulière de raconter des histoires, avec grande simplicité mais toujours avec un ton juste, une sensibilité, une tendresse sans pour autant oublier l’ironie et la dérision. Ce joyeux mélange permet de transformer des histoires, des personnages d’une apparente banalité en un roman intéressant et qui se dévore rapidement.

Dans Les vérités provisoires, on suit le quotidien d’un étudiant, menteur pathologique, Jules Carenti. Il s’est installé dans l’appartement de sa sœur Céline qui a disparu sans laisser de traces deux ans auparavant. Il vit dans ses affaires comme dans un mausolée et tente de creuser quelques maigres pistes pour la retrouver. Mais, ce que Jules ne sait pas, c’est qu’en tentant de trouver sa sœur, il va surtout se trouver lui-même, affronter ses défauts progressivement avec l’aide involontaire de plusieurs personnages dont la belle Bérénice et un industriel allemand. Sous des allures d’intrigue policière, nous avons affaire à un personnage qui vit le passage à l’âge adulte, en quête de vérité même si elle n’est pas aussi intéressante que le mensonge.

Comme d’habitude, Arnaud Dudek est un narrateur omniscient qui n’hésite jamais à interpeller son lecteur ce qui créé à la fois une connivence mais aussi une mise à distance du récit. L’humour est toujours présent et j’ai beaucoup aimé les passages où le narrateur traduit les véritables pensées de Jules derrière ses propos. Mais après tout, les mensonges sont « plus vrais que la vérité ».

Un bien joli roman à découvrir même si j’avoue que mon préféré reste Une plage au pôle nord (je vous invite à le lire aussi). 

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Arnaud Dudek – Les vérités provisoires – Alma éditeur – 175p