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« Un accident de voiture au milieu de la nuit, une naissance, le grand amour ou un viol, qui sait comment les choses arrivent ? Peut-être que tout ce qui va suivre n’est dû qu’à trois petits buts : nous sommes le dimanche 12 juillet 1998 au soir et, depuis quelques heures, la France est championne du monde de football.

Pour des raisons différentes, cette date va se graver dans les esprits de chacun des personnages de cette histoire. Ce qui va se passera dans dix-huit ans dépend absolument de ce qu’ils vont vivre maintenant. »

Le roman commence la nuit du 12 juillet 1998. Si cette date évoque pour tous la finale de la coupe du monde de football, elle marque surtout à jamais le destin de cinq personnages. Dix-huit après les faits, ils se retrouvent à Vrainville, en Normandie au moment où les ateliers de lingerie Cybelle, le cœur économique de la ville, connaît une crise sans précédent. Vincent Lecourt, l’héritier et directeur cherche en effet à « dégraisser » l’entreprise. Les habitants finissent par se demander – sous forme de boutade – si un événement fort, comme une mort, ne serait pas la planche de salut pour tous. Et si les événements de 1998 refaisaient surface et changeaient la donne ?

J’avoue avoir été assez déconcertée par ce roman qui sort des sentiers battus. Après une première partie sur les événements de 98 où l’auteur parle comme s’il s’adressait directement au lecteur, on assiste ensuite au déroulé de la saga familiale des Lecourt, à la naissance, à l’essor et aux difficultés des ateliers Cybelle. Bien que ces passages soient très intéressants et le rythme bon, je me suis demandée à quel moment on allait revenir à l’intrigue policière. Il faut attendre l’installation à Vrainville du flic William pour entrer vraiment dans le vif du sujet. Cependant, l’intrigue policière n’est pas suffisamment étoffée à mon goût. En revanche, j’ai été passionnée par le récit historique et social des ateliers Cybelle. De belles pages bien prenantes. L’auteur décrit bien les tensions, pressions sociales, les affres de la vie en petite communauté, le poids de l’héritage familial… Mais, j’attendais d’être cueillie par l’intrigue policière. Pour moi, on a affaire à un roman social plus qu’à un polar. Du coup, je ressors mitigée de ce récit. Si on veut lire un roman social original et plutôt bien écrit, on trouve son bonheur. Si on cherche un bon polar pour lire sous le plaid ou dans la chaleur de sa couette, il faut s’attendre à rester un peu sur sa faim.

L’auteur par son originalité est à suivre ! 

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Hervé Commère – Ce qu’il nous faut c’est un mort – Fleuve noir – 400p.