2016-09-12 21

« De cette mathématique du fracas et de la parte, je vais poser une équation à deux inconnues : le passé de ma mère, le futur de ma fille. Brouillons éternels. Clairement, ces deux inconnues le resteront pour toujours.

Je vais reprendre le fil générationnel que la mort a trouvé marrant de couper entre ses dents, telle une couturière capricieuse et impatiente, et je vais raccommoder les trous, faufiler des pièces aux coudes et genoux de ce grand squelette prématurément décharné. Je vais les coudre ensemble. »

Après le sublime Camille, mon envolée, racontant le décès brutal de sa fille à la veille de Noël, on pouvait s’attendre soit à ne plus lire de nouveaux romans de Sophie Daull, soit à un second roman plusieurs années après. Et pourtant, un an après, l’auteure nous livre un récit au titre sublime et évocateur.

Si Camille n’est plus le personnage principal, elle est présente, en filigrane. C’est suite à son décès que Sophie Daull se décide à se pencher sur le passé de sa mère elle aussi disparue trop tôt et dans des circonstances violentes. Cette enquête est d’autant plus importante que la mère de Sophie a toujours été très mystérieuse, secrète sur son passé. On la suit ainsi dans ses multiples périples la menant un peu partout en France.

Si bien évidemment les émotions sont moins vives dans ce second roman, Sophie Daull par une écriture d’une grande douceur et pudeur nous entraîne avec beaucoup d’intérêt dans cette quête familiale. Ce récit nous montre aussi à quel point l’âme humaine est complexe : on ne sait jamais tout d’un proche. Un beau récit que je vous conseille.

 

Sophie Daull – La suture – Philippe Rey – 205p.