2016-08-28 16

« Je finis, affalé sur la table de la cuisine, au bord des larmes. Décrire mon état d’esprit comme désespéré serait l’antithèse d’une hyperbole. Je me sens perdu, impuissant et effrayé. La rage enfle en moi, prête à exploser dans une manifestation de colère ou de violence, ou des deux. J’en viens à regretter de ne pas m’être noyé après ce qui s’est passé, quoi que ce fût, sur Eilean Mòr, la nuit où j’ai perdu mon bateau. J’agrippe mes cheveux à pleines mains, renverse la tête en arrière et hurle vers le plafond. »

Un homme reprend connaissance sur la plage où il a échoué. Il ne sait pas qui il est et pourquoi il a atterri ici. Pourtant, il découvre rapidement qu’on le connaît sur cette île frappée par le vent. Il s’appelle Neal Maclean, est écrivain et s’est installé sur l’île en résidence d’écriture il y a près de dix-huit mois pour narrer enquêter sur la disparition inexpliquée de trois gardiens de phare en 1900 sur les îles Flannan.

Mais, Neal s’étonne de ne trouver aucune trace de manuscrit et surtout découvre qu’on cherche à le tuer. Aidée par Sally, une voisine qu’il découvre comme étant sa maîtresse, il tente d’enquêter sur son passé, de recouvrer la mémoire et de comprendre pourquoi on lui en veut.

En parallèle, on suit également une jeune fille de dix-sept ans, Karen, qui tente de comprendre le suicide de son père il y a plusieurs années.

Commencé un peu comme La mémoire dans la peau, Peter May nous entraîne dans une histoire truffée de fausses pistes et de découvertes plus étonnantes les unes que les autres. On accompagne le lecteur dans la découverte de son identité, renforcée par l’utilisation du « je ». L’intrigue est bien construite, habilement menée : les événements se croisent, s’entremêlent, se font miroir mais les révélations se font progressivement, mettant le lecteur en haleine. Peter May nous plonge dans des histoires de recherches scientifiques, écologiques, dans le monde des puissants groupes agroalimentaires mais également dans les paysages forgés par le vent de l’île de Lewis dans l’archipel écossais des Hébrides.

La fin du roman nous donne une explication plausible de la disparition des fameux trois gardiens de phare.

J’ai été happé par ce roman très bien construit même si le début m’a semblé un peu long avant d’entrer véritablement dans l’intrigue. Du très bon polar. 

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Peter May – Les disparus du phare – Rouergue noir – 320p.