Premier roman

2016-05-16 11

« Voici l'extase, j'ai enfin réussi quelque chose, un déterminant, une exception à la vulgate et aux communs, je suis de ces bergères surplombant la lande, montées sur pilotis, survolant, légères, tristes aplats, tristes fougères. Intra-muros, je connais la gloire des sorties de route non identifiées, explosions à jamais intimes et nourricières ; folle parmi les fous, branque parmi les branques. Je m'invite à serrer plus tendrement encore frissons et pâmoisons sous mon sein, à lever des yeux clos de lumière sur la grisaille et les efforts à rester dans le rang, à n'être que durant et non bien au-delà et il me tarde, teintée de moût, de pluie, que dans le sable où nous mourrons l'on grave mon allégeance à la vanité de naître, Branque un jour, branque toujours. »

Pour ce tout premier roman, Alexandra Fritz nous plonge dans le milieu psychiatrique en donnant tour à tour la parole à quatre jeunes gens enfermés dans un hôpital. Nous avons tout d'abord Jeanne qui tient son journal. Elle tente de comprendre comment elle a pu en arriver là tout en tentant d'accepter sa nouvelle condition non seulement psychologique mais également physique (son traitement médicamenteux l'a rendue obèse). On suit également le surnommé Tête d'Ail, So-Called Isis et Frisco. Tous ont un trajet particulier et tous décrivent leur solitude, leur envie de liberté, leur sexualité bridée, leurs pulsions.

S'il est indéniable qu'Alexandra Fritz possède une écriture remarquable, je n'ai pas du tout accroché à ces histoires. Cela est d'autant plus dommage que j'aime habituellement les histoires où se mêle la folie. Mais là, je n'ai pas réussi à me laisser embarquer et j'ai fini difficilement – malgré le faible nombre de pages – ce roman. Il n'est tout simplement pas fait pour moi.

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Alexandra Fritz – Branques – Grasset – 150p.