2016-04-27 22

« Une chose est certaine : l'enthousiasme et la passion de Gourvec pour sa bibliothèque n'ont jamais faibli. Il recevait avec une attention particulière chaque lecteur, s'efforçant d'être à l'écoute pour créer un chemin personnel à travers les livres proposés. Selon lui, la question n'était pas d'aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d'avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra pas se défaire. »

Avec Le mystère Henri Pick, je lis mon troisième roman de David Foenkinos et autant vous dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. En effet, les deux romans lus m’ont laissée des impressions diamétralement opposées. J’avais détesté La délicatesse - et son adaptation cinématographique malgré les touchants Audrey Tautou et François Damiens - et adoré le sublime Charlotte. En même temps, les deux romans étaient si différents ! Et là encore, qui s’attendait à ce type de roman plus léger après Charlotte ?

Je peux vous le dire, j’ai bien aimé ce nouvel opus. Nous avons affaire à une sorte de polar, d’enquête littéraire sans prétention à partir d’une idée du roman L’avortement de Richard Brautigan : l’existence d’une bibliothèque des manuscrits refusés.

Delphine, une jeune éditrice parisienne et son compagnon - écrivain n’ayant pas eu de succès – trouvent un manuscrit au nom d’Henri Pick dans une bibliothèque de Crozon, en Bretagne. L’ancien bibliothécaire, Jean-Pierre Gourvec, avait en effet installé une remise où les écrivains éconduits venaient déposer leurs manuscrits refusés. Delphine fait un pari : faire éditer ce livre qui s’avère être l’œuvre d’un pizzaiolo décédé. Le succès arrive, largement attribuable à une communication soigneusement huilée, au point que sa veuve Madeleine et sa fille Joséphine sont dépassées par les événements.

Mais comment Henri Pick a-t-il pu écrire un roman alors qu’il n’écrivait jamais, même pas le liste des courses ? Y a-t-il anguille sous roche ? Jean-Michel Rouche, un ancien critique littéraire, mène l'enquête.

Au-delà des rebondissements, ce que j’ai le plus apprécié dans ce roman est la critique du milieu littéraire et des médias (même si David Foenkinos s’en défend un petit peu). À grands coup de communication, les protagonistes de ce succès littéraire nous font prendre des vessies pour des lanternes. Enfin, David Foenkinos mélange des personnages réels avec des situations fictives et c’est assez amusant.

Du coup, ce roman est très agréable à lire même si malheureusement on devine un peu trop facilement la fin.

 

David Foenkinos – Le mystère Henri Pick – Gallimard – 288p.