Coup de cœur – Hiver littéraire 2016

2016-03-26 17

 

« Ce livre est le vaisseau spécial que j'ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent.

Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d'amour aussi.

Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n'ai rien eu à inventer. Si ce n'est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

J'avais déjà lu Mathias Malzieu avec La mécanique du cœur que j'avais appréciée même si certaines ficelles du roman me semblaient un peu trop faciles.

Là, changement d'esprit. Nous n'avons pas affaire à un roman mais à un essai autobiographique.

En pleine gloire avec son groupe Dionysos et l'adaptation cinématographique de La mécanique du cœur, Mathias ne se sent pas bien : il est pâle, essoufflé, il a l'impression que son cœur va lâcher. Une visite aux urgences, suite à un bilan sanguin désastreux, lui annonce la couleur : c'est une aplasie médullaire. Cette maladie auto-immune est très rare : les anticorps perdent la tête et au lieu de s'attaquer à des corps étrangers, ils attaquent les globules.

À partir de là, on suit Mathias dans un long processus où on teste des traitements avant d'en arriver à la greffe de moelle. Mathias est accompagné par une présence, Dame Oclès la bien-nommée qui se joue de lui et qu'il combat. Au-delà de la maladie, il y a le regard de l'entourage : les attachées de presse qui ne semblent pas comprendre pourquoi il est incapable de faire la promo de son film, les « amis » qui fuient, une famille qui espère et surtout Rosy, l'amour qui le soutient dans toutes les épreuves.

Alors que le sujet est difficile, Mathias Malzieu le traite tout en délicatesse et avec humour. Le style est brillant, les jeux de mots omniprésents rendant la lecture très agréable. Par exemple, il se compare à une voiture qui va changer de plaquettes, il souhaite une « bonne anémie » le 1er janvier...

Un très beau récit grave mais enlevé. Un joli coup de cœur.

 

Mathias Malzieu – Journal d'un vampire en pyjama – Albin Michel – 230p.