2016-03-13 22

 

« Peu importait le fond pour Guylain. Seul l’acte de lire revêtait de l’importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l’étouffait à l’approche de l’usine. »

Guylain Vignolles prend tous les jours le RER à 6h27 pour se rendre à son travail. Alors que la plupart des voyageurs lisent, dorment, râlent, font la gueule ou parlent bruyamment au téléphone, Guylain se lance dans une activité qui peut en déconcerter plus d'un : il fait la lecture à haute voix aux passagers. Il ne lit pas un roman ou des poèmes en particulier, il lit des pages volantes au hasard : comédie romantique, poésie, polar, recette de cuisine... tout y passe mais ne dépasse pas un recto-verso.

Cette activité peu ordinaire en fait un rendez-vous attendu des voyageurs et tranche avec sa vie professionnelle où Guylain a en charge une grosse machine, la Zerstor 500, qui « génocide » les livres invendus, pilonnés. Ce travail, il l'exècre autant que les gens qui appartiennent à l'usine, hormis Yvon Grimbert qui écrit de la poésie et Giuseppe, une victime de la Zerstor. Mais c'est cette machine qui lui fournit son « matériau à lire ».

Un matin, alors qu'il effectue sa lecture, il tombe sur une clé USB. Cette clé renferme les écrits d'une jeune femme, Julie, dame-pipi dans un centre commercial. Guylain, attiré par la jeune femme, se lance à sa recherche.

Ce roman de Jean-Paul Didierlaurent est vraiment un feel good book. L'histoire est plaisante, on suit avec intérêt les histoires de Julie et la quête de Guylain. Cependant, bien que fort distrayant, je ne suis pas aussi enthousiaste que d'autres lecteurs ou blogueurs. Certains passages sur l'usine me semblent un peu longs par exemple. C'est une très bonne histoire mais pas un vrai coup de cœur.



Jean-Paul Didierlaurent – Le liseur du 6h27 – Folio – 193p.