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« Et je me demandais si j'étais le dernier animal sur terre à comprendre que les humains nous mangent tous et que, pis encore, ils jettent la plus grande part de nous sans même nous manger, nous jettent comme des déchets sans intérêt. Enfin quoi, si on va me tuer pour que je serve de nourriture, au moins mangez-moi et chiez-moi et laissez-moi rejoindre le cycle de la nature. Ne me tuez pas sans raison valable. Et c'est alors que je l'ai vu – un hamburger à moitié entamé. Et c'est alors que moi aussi j'ai pété un câble. Je me suis mise à beugler comme un veau. Ce pays était fou et me rendait folle. Je me suis dit : ça fait donc cet effet d'être une vache folle ».  »

S'il y a bien un lieu où on n'attendait pas le héros de X-Files ou Californication, c'est bien le monde de la littérature. À la lecture de la quatrième de couverture, je me suis dit que ça n'allait pas casser trois pattes à un canard mais elle a tout de même piqué ma curiosité. Faisons d'abord le pitch

Elsie Bovary est une vache vivant dans une ferme des États-Unis. Entourée de Mallory, sa meilleure amie, elle coule des jours paisibles. Mais un événement brutal la ramène à sa triste condition bovine : elle découvre l'existence des abattoirs à la télé, le « Dieu de la boîte ». Ne voulant pas terminer en hachis, elle décide de partir en Inde où les vaches sont sacrées. Très rapidement, elle est rejointe dans son périple par Schlomo, le cochon converti au judaïsme qui veut se rendre en Israël et Tom, la dinde qui cherche à fuir Thanksgiving pour aller en Turquie.

On voit ainsi se dérouler une histoire complètement loufoque mais infiniment drôle et qui invite, mine de rien, à réfléchir à la condition des animaux.

Sans être un grand roman, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Notons le magnifique travail de traduction de Claro car il n'est pas si simple de retranscrire ce livre bourré de jeux de mots.

Je remercie les éditions Grasset pour m'avoir fait découvrir ce roman.

 

David Duchovny – Oh la vache !– Grasset – 216p.