Premier roman

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Pour ce premier court roman, Astrid Manfredi ne fait pas dans la dentelle. C'est un véritable coup de poing dans la gueule pour parler aussi directement que le style de l'auteur. Une jeune fille, condamnée pour violence et complicité de meurtre, écrit son journal intime en prison. Elle ne cache rien de sa rage, de sa violence, de sa vie de banlieusarde en manque affectif.

Le projet avait tout pour être casse-gueule car si l'auteur ne donne pas de nom à la jeune fille, tout évoque l'affaire du « gang des barbares ». Elle est ainsi le pendant d'Emma, 17 ans, qui a servi d'appât pour piéger Ilan Halimi.

Astrid Manfredi a su brosser un portrait dérangeant où on côtoie la haine, la fureur d'une jeune fille née du mauvais côté de la barrière sans pour autant lui trouver de véritables excuses ou circonstances atténuantes – ce qui aurait été d'un très mauvais goût. Il existe cependant dans le récit des lueurs d'espoir, malgré l'écriture abrupte et parfois vulgaire – que j'apprécie beaucoup. Il y a ainsi la littérature qui évade, l'écriture qui permet une échappatoire et la rencontre de quelques gens bien malgré tout.

Je ne sais pas ce que l'auteur nous réserve dans l'avenir mais si le style, l'approche littéraire reste identique, il est fort à parier qu'on pourra la mettre dans la lignée d'une Virginie Despentes. Un essai à transformer donc.

Astrid Manfredi – La petite barbare – Belfond – 160 p.

 

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Livre lu dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire 2015 (16/6)