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« Écrire, c’est parler en silence, et réciproquement : parler, c’est écrire à haute voix. J’ai interrogé les auteurs de ce livre comme un apprenti garagiste questionnerait un professionnel sur la meilleure manière de changer un joint de culasse. Je voulais déchiffrer leur méthode, comprendre les rouages de leur travail, voler leurs secrets de fabrication. C’est fou comme on se sent bien en écoutant les dernières personnes intelligentes sur terre. »

À travers ce recueil de conversations, dont le titre est emprunté à Alfred de Musset, Frédéric Beigbeder nous permet de découvrir plus intimement plusieurs écrivains reconnus à l'image de Jean d'Ormesson, de Michel Houellebecq, de Simon Liberati, de James Salter... Ces conversations à bâtons rompus sont permises grâce au talent de Frédéric Beigbeder qui interroge sans en avoir l'air et se permet des digressions. Cet aspect se retrouve d'autant plus dans son auto-interview très intéressante à lire.

Cependant, contrairement à ce que Beigbeder raconte dans son introduction – et dont j'ai recopié une partie au début de cette chronique – on n'en apprend pas tant que ça sur le processus d'écriture. On apprend plus sur ce qui anime les auteurs, sur ce qui les intéresse mais pas vraiment sur la manière dont ils les utilisent ensuite – hormis peut-être BHL qui raconte l'importance de ses carnets où il détaille tout et pour lesquels il a élaboré un système de destruction après sa mort. Ensuite, la majorité des entretiens se font avec des gens que Beigbeder connaît intimement : beaucoup sont ses amis et la plupart font partie de l'élite parisienne ou neuilléenne. On est donc rapidement dans l'entre-soi. Or, il aurait été plus intéressant de donner la parole à des écrivains ou intellectuels de milieux plus variés.

 

Frédéric Beigbeder – Conversations d'un enfant du siècle – Grasset – 368 p.

 

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Livre lu dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire 2015 (12/6 = 2%)