frioux

L'auteur : Dalibor Frioux a 44 ans. Il est l'auteur d'un premier roman très remarqué, Brut (Seuil, 2011). 

Quatrième de couverture :

L'enfer, tout passager d'un train de banlieue sait à quoi il pourrait ressembler : un wagon bondé, abandonné quelque part sur le réseau, après avoir vogué d'incident en incident. Coincés dans un tunnel du RER A, la ligne la plus chargée d'Europe, les deux mille voyageurs entassés n'ont tout d'abord pas voulu y croire. Ça ne durerait qu'une heure, qu'une matinée tout au plus. Mais c'est en vain que les batteries des portables se sont déchargées, que les larmes ont coulé et que les signaux d'alarme ont été tirés. Les semaines, les mois passent, les années peut-être. Dans ce huis clos sous néons aveuglants, Anna, jolie mère célibataire, Vincent, cadre supérieur raffiné qui espérait s'envoler pour Buenos Aires, et Kévin, entreprenant chômeur en fin de droits, se demandent comme tous les autres s'ils sont les derniers des oubliés, les uniques survivants d'une catastrophe ou les participants d'un stage de réinsertion, et ce qu'ils sont fait pour mériter cela.

Mon avis :

Attirée par le titre et la quatrième de couverture, en bon usager quotidien du RER A, j'ai acheté ce livre les yeux fermés. Jamais je n'aurais pensé qu'il était aussi barré. Il est d'abord difficile à classer : roman d'anticipation, de science-fiction ? J'opterais presque pour roman de folie pure. Les situations décrites par les trois personnages sont tellement surréalistes qu'on pourrait presque douter de la santé mentale de l'auteur. Cependant, en creusant bien, et en tentant de mettre de côté les situations hallucinantes vécues par les protagonistes, on remarque que Dalibor Frioux profite de ce roman pour critiquer nos sociétés contemporaines : la surpopulation, la violence physique mais surtout morale entre les gens, la prise en charge du chômage... que des thèmes qui sont pour le coup loin d'être de la fiction. Dalibor semble ainsi avoir pris des thèmes plus que réalistes pour en faire une représentation complètement loufoque et flippante. Ce roman fait ainsi preuve d'une grande originalité ; pour autant, je n'ai pas du tout accroché. L'ensemble est trop barré pour moi et on a du mal par moments à saisir ce que l'auteur souhaite faire passer comme message (peut-être qu'il y en a pas...). La fin est ouverte (pour ne pas dire en « queue de poisson ») ce qui laisse toute liberté d'imaginer le dénouement mais qui, personnellement, me donne un sentiment d'inachevé.