knockL’auteur : Jules Romains (de son vrai nom Louis Henri Jean Farigoule) est né en 1885. Elève du lycée Condorcet et de l’ENS, il est agrégé de philosophie en 1909.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’exile aux Etats-Unis puis à Mexico où il fonde l’Institut français d’Amérique latine.

 

Il est élu à l’Académie française en 1946. A sa mort, il sera remplacé par Jean d’Ormesson.

 

Il meurt à Paris en août 1972.

 

Résumé : Le Docteur Knock débarque à Saint-Maurice pour remplacer le Docteur Parpalaid. Très rapidement, en discutant avec l’ancien médecin, il se rend compte que celui-ci l’a eu en lui cédant un cabinet où peu de malade viennent. De plus, il lui doit pas mal d’argent. Knock ne se démonte pas et décide de s’imposer dans la communauté et son savoir (savoir discutable car s’il est fraîchement diplomé, il a longtemps exercé illégalement la médecine) quitte à inventer des maladies. Très rapidement et grâce à des subterfuges (invention de maladies, consultations gratuites mais avec des traitements coûteux…), Knock se construit une solide réputation et… un « bas de laine » rempli ! Trois mois plus tard, le docteur Parpalaid, qui avait eu la paresse de développer son affaire, revient dans l’ancien hôtel du village transformé en hospice, pour récupérer son argent, et pour constater son échec et la finesse d’esprit de Knock.

 

Quatrième de couverture :

 

LE TAMBOUR : Quand j’ai dîné, il ya  des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me grattouille.

 

KNOCK : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous grattouille ?

 

LE TAMBOUR : ça me grattouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi…

 

KNOCK : Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?

 

LE TAMBOUR : Je n’en mange jamais. Mais il me semble que si j’en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.

 

Mon avis :  7/10

 

Très belle pièce, humoristique et qui dénonce plusieurs choses. Tout d’abord, ce médecin véreux montre à quel point la médecine peut être considérée comme un business, un commerce à part entière alors que le serment d’Hippocrate a des valeurs bien différentes. Knock a tout calculé pour parvenir à attirer la clientèle en sa faveur : annonce avec un tambour (le début de la publicité), les consultations gratuites le lundi (sorte d’appât pour mieux rouler ensuite la clientèle), diagnostics douteux qu’il fait avaler avec facilité à la population (super vendeur).

 

Ensuite, on voit à quel point l’homme cherche avant tout la puissance, la docilité, la soumission de la population qu’il affaiblit pour mieux la ruiner. D’ailleurs, une des patientes, la dame en violet, avoue elle-même cette suprématie du docteur :

 

«  Oh ! je serai une malade très docile, docteur, soumise comme un petit chien. Je passerai partout où il le faudra, surtout si ce n’est pas trop douloureux ».

 

Enfin, avec Knock, Jules Romains dénonce le viol des consciences, l'asservissement des foules au nom de la confiance qu’ils ont en la médecine, au monde scientifique qui « dit toujours la vérité ». C’est cette même confiance que les gens ont de la publicité, de la société de consommation qui les entourent.