LES LECTURES DU MOUTON

22 octobre 2018

« Tu t’appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider

« Comme tant d’autres de ta génération, tu as rejoint la cohorte des vedettes déchues, flétries par les abus, rejetées par une époque où les rebelles n’ont plus de place. Tu n’es plus la célébrité de mon enfance, celle que l’on reconnaît dans la rue et que l’on regarde en frissonnant de terreur, d’excitation et d’envie. Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. Un bijou de famille cassé et précieux, gardé au fond d’un tiroir secret ». Maria Schneider est morte en 2011. Pour lui... [Lire la suite]
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21 octobre 2018

« Une année lumière » de Nathacha Appanah

« Je sens parfois, malheureusement, que l’anesthésie au monde me guette, que parfois un malheur ressemble trop à un autre dans la façon dont on nous le raconte vite et bruyamment. Toutes ces narrations aux contours grossiers de la misère et des marges qui s’embrouillent pour ne former qu’un fatras à nos yeux […] Alors, cette année quand la petite fille que j’ai été est revenue me voir, je ne l’ai pas tenue à l’écart. Jamais il ne m’a semblé avoir autant besoin de pensées magiques, de grigris et d’oiseaux dansant dans le ciel […]... [Lire la suite]
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19 octobre 2018

« Comme un lundi » de Thomas Vinau

« Mon doigt qui te montre la lune. Pour la première fois. Tu vois mon doigt. Tu vois la lune. Tu ne regardes pas mon doigt. Tu ne regardes pas exactement la lune. Tu regardes plus loin que la lune. La lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit. Je voudrais te dire, vivre c’est ça. C’est montrer la lune à quelqu’un. Et partager en silence ce qu’il y a derrière. Partager la lumière qui ne se voit pas dans le grand noir infini de l’espace et de la nuit ». C’est toujours avec un grand... [Lire la suite]
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17 octobre 2018

« Les billes du Pachinko » d’Elisa Shua Dusapin

Claire est franco-coréenne. Elle décide de passer ses vacances chez ses grands-parents au Japon. Emigrés coréens, ils n’ont jamais réussi à véritablement s’intégrer dans ce pays dont il ne maîtrise pas vraiment la langue. Le grand-père de Claire tient un Pachinko, un jeu de billes qui se rapproche d’un jeu de casino. Claire profite de son voyage pour dispenser des cours de français à la jeune Mieko mais aussi pour préparer un voyage en Corée en famille. Elle souhaite que ses grands-parents puissent revenir sur leur terre natale... [Lire la suite]
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14 octobre 2018

« Ça raconte Sarah » de Pauline Delabroy-Allard

« Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse ». Ça raconte Sarah, une tornade de trente-cinq ans qui fait irruption avec éclat dans la vie de P. un 31 décembre. Ça raconte une évidence, celle de l’amour quand il... [Lire la suite]
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09 octobre 2018

« Réelle » de Guillaume Sire

  « Et tu crois que la prochaine étape, c’est quoi? Le mariage? Un jour il te fera mal. Les bourges, à un certain stade, il n’y a que ça qui les excite : la douleur. Pour eux, il s’agit d’une vérification ». Existe-t-il plus belle autofiction que la participation à un jeu de téléréalité ? Quand la TV joue avec les codes habituels de la littérature, ça va loin mais ça fait plus mal aussi. Nous sommes dans les années 90. Johanna est une adolescente d’un milieu modeste. Elle va au collège, sort avec sa... [Lire la suite]
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26 septembre 2018

« Hôtel Waldheim » de François Vallejo

  « Personne n’arriverait à croire qu’une survivance des moyens de communication les plus archaïques comme une carte postale puisse bouleverser un homme, moi, la vie d’un homme, la mienne ; une carte postale ». Jeff Valdera mène une vie paisible quand son quotidien est troublé par l’arrivée d’une carte postale : « ça vous rappel queqchose ? » Derrière ce texte au français approximatif, une photo d’un hôtel. Plusieurs autres cartes sont envoyées. Jeff finit par comprendre que ces messages,... [Lire la suite]
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25 septembre 2018

« La vraie vie » d’Adeline Dieudonné

« J'aurais aimé que quelqu'un, un adulte, me prenne par la main et me mette au lit. Replace les balises dans mon existence. M'explique qu'il y aurait un lendemain à ce jour, puis un surlendemain, et que ma vie finirait par retrouver son visage. Que le sang et la terreur allaient se diluer. Mais personne n'est venu ». Le Démo. Des pavillons comme des préfabriqués. Un père qui travaille dans un parc d’attractions. Une mère qui s’occupe de ses chèvres. Un petit frère, Gilles, qui aime les glaces. Une vie qui pourrait... [Lire la suite]
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18 septembre 2018

« Einstein, le sexe et moi » d’Olivier Liron

« Un auteur à suivre », tels sont les mots que je disais dans ma chronique de Danse d’atomes d’or en novembre 2016 (lien sous la présente chronique). Je suis heureuse de ne m’être pas trompée ! Olivier Liron signe un second roman d’une grande beauté et humanité, dans la ligne droite de sa pièce de théâtre La vraie vie d’Olivier Liron. En 2012, Olivier Liron, jeune homme de vingt-cinq ans, décide de participer au célèbre Questions pour un champion. Pendant tout un été, il s’enferme pour ingurgiter des listes... [Lire la suite]
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13 septembre 2018

« Comme si j’étais seul » de Marco Magini

« Je ne réponds pas, c’est comme si je comprenais soudain la signification véritable de toutes ces années dans l’armée. J’ai vécu en croyant à un mensonge auquel je ne peux plus croire, j’ai vécu en cherchant à me convaincre que je ne faisais qu’exécuter les ordres, que je portais à destination des caisses de munitions, comme s’il s’agissait d’une bien parmi d’autres, comme si je ne savais pas à quoi elles servaient vraiment. Ce que j’ai fait n’était pas un travail comme un autre, un emploi pour survivre. J’ai décidé de prendre... [Lire la suite]
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12 septembre 2018

« Tout foutre en l’air » d’Antoine Dole – « Highline » de Charlotte Erlih

« Tu crois qu’ils comprendront ? Tu crois qu’ils m’en voudront ? Est-ce que tu penses qu’ils s’en rendront seulement compte ? Mon absence, comme un point de néant. Et leurs vies, lancées à cent à l’heure, impossibles à saisir, à attraper, à garder contre soi, est-ce que leur monde à eux s’arrêtera de tourner même une brève seconde ? Combien de fois j’ai eu l’impression de vivre en dehors de tout cela, à côté, en marge. Mon existence sur leurs contours, jamais tout à fait dans leurs vies à eux ». (Tout... [Lire la suite]
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11 septembre 2018

« Simple » de Julie Estève

« La chaise, elle est perdue comme moi au soleil, et le soleil craque sur ma tête mais je m’en cogne d’être rouge, d’être fou de chaleur, j’en profite parce qu’il chasse les autres dans les lits et les fauteuils à bascule, ils dorment dans leur coin et moi, j’ai la paix ! Là, on entend rien que les mouches et les frelons qui passent et qui dérangent le silence, on leur dit rien à eux, ils sont peinards les insectes ». « Franchement j’ai été bluffée par l’auteur. J’ai l’impression qu’on a affaire à du très lourd... [Lire la suite]
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07 septembre 2018

« Douce » de Sylvia Rozelier

« J’ignore quand mon corps a commencé à en porter la trace, se retrancher, se reculer imperceptiblement quand on m’approchait, d’un geste de rien d’abord, un raidissement, quand j’ai cessé de dire ce que je pensais, n’ai plus su m’exprimer, ai perdu les mots, les repères, la syntaxe, la mémoire, quand j’ai balbutié. Quand j’ai baissé la tête, les yeux, courbé l’échine, évité certains sujets, certains regards, certaines confrontations. Ce n’était pas arrivé d’un coup, ça s’était installé puis diffusé ». Jusqu’où peut-on... [Lire la suite]
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05 septembre 2018

« La fin de la solitude » de Benedict Wells

« Et si le temps n’existait pas ? Si tout ce que nous vivions était éternel et que ce n’était pas le temps qui passait devant nous, mais nous qui passions devant ce que nous avons vécu ? Je me pose souvent la question. Nous changerions de perspective, nous nous éloignerions des bons souvenirs, mais ils seraient toujours là et, pour peu qu’on remonte le temps, nous les retrouverions. Ce serait comme un livre dont on feuilletterait les pages pour revenir en arrière ou peut-être même au début ». Jules Moreau se... [Lire la suite]
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03 septembre 2018

« Les enfants frapperont-ils encore ? » de Laure Catherine

« Il était neuf heures quand il le reposa. Il survolait plus qu’il ne lisait avec attention. Les mots dansaient. Mais une phrase l’avait happé. ‘’Les enfants frapperont-ils encore ?’’ se demandait le livre à la dernière page. C’est-à-dire, nos terroristes en culottes courtes feront-ils un nouveau carnage, après avoir éliminé leurs parents trop gentils et rejoint la clandestinité tel un mini Action directe ? Hier encore, cette phrase aurait suscité chez Arthur ses habituelles réflexions sur ses velléités... [Lire la suite]
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31 août 2018

« La guérilla des animaux » de Camille Brunel

« Vous pensez savoir ce qui se passera si vous commencez à vous en prendre aux civils, mais le monde a changé depuis vingt-cinq ans, de même que la quantité de cynisme dans l’air ambiant. La vie humaine impressionne moins. Nous serons bientôt dix milliards d’humains tandis que les tigres ne seront plus que deux mille. Quelle vie aura le plus de valeur selon vous ? Croyez-moi, des milliards de gens seront bientôt prêts à vous pardonner quelques exécutions collatérales, si c’est au nom des animaux ». Je vous préviens... [Lire la suite]
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28 août 2018

« La somme de nos folies » de Shih-Li Kow

« De temps à autre, je prends sa main entre mes huit doigts. Parfois, elle la retire. D’autres fois, elle me regarde sans me voir. Il m’arrive alors de percevoir sur son visage un voile que je préférerais ne pas reconnaître. Cela m’affecte parfois, mais la plupart du temps ce n’est pas le cas. Ainsi va la vie. Je voudrais dire à ceux qui passent, à qui voudra bien m’écouter, que les leçons viennent de la vie et non des histoires. Malheureusement, ce sera en vain, les paroles balayées par le souffle de ceux qui tiennent à faire... [Lire la suite]
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25 août 2018

« Le paradoxe d’Anderson » de Pascal Manoukian

« Staline avait raison. Les ouvriers s’enchaînent à leurs patrons. Ils se battent entre eux pour se faire passer les menottes, se laissent ligoter par les valeurs de l’entreprise, l’esprit d’équipe et plein d’autres conneries du même genre. Elle s’est fait embobiner, un comble pour une tricoteuse, elle a laissé filer sa vie, en répétant les mêmes gestes pendant cinq mille cent soixante-dix jours, soudée à sa machine, sans rien apprendre d’autre que ce pour quoi ils l’ont programmée, et maintenant qu’on la libère... [Lire la suite]
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23 août 2018

« K.O. » d’Hector Mathis

« Il était normal à une époque sans génie qu’on ne fasse que constater celui des siècles passés. Elle était si pauvre, notre époque. Elle mettait en relief toutes les autres ». Un style, une langue, une musicalité, une façon de raconter une histoire et une réalité. C’est en résumé ce qui attend le lecteur en ouvrant le premier roman d’Hector Mathis. Roman de fulgurance, brutal tout en étant poétique. J’ai eu l’impression qu’il a été écrit d’une traite comme ma lecture, animé par un sentiment d’urgence, de rage peut-être. Une... [Lire la suite]
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21 août 2018

Les sorties en poche de la rentrée littéraire 2018

Parce que la rentrée littéraire c’est aussi l’occasion de découvrir des romans des rentrées précédentes en poche, je vous présente ma sélection (donc pas une liste exhaustive) des livres format mini qui méritent d’être lus. J’ai lu et aimé la plupart des livres ci-dessous mais j’y ai ajouté ceux non lus qui m’intéressent. Chez FOLIO :   À la mesure de l'univers de Jon Kalman Stefansson (16/08)   Ce que dit l’éditeur : À la mesure de l’univers est la suite du roman D’ailleurs, les poissons n’ont... [Lire la suite]
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